
Ashok Prayag sera probablement promu vice-président de la SBM Holdings ce vendredi. Sauf revirement de situation, comme sa réforme de la pension.
Par Narain Jasodanand
La State Bank of Mauritius Holdings Ltd (SBMH), unique actionnaire de la SBM (Bank) ‒ vous savez, cette riche vache à lait que beaucoup aiment traire ‒ tient son assemblée générale annuelle (AGM) ce vendredi 26 juin, à 10 heures, au J&J Auditorium à Phoenix.
Les actionnaires de la SBMH, sont, entre autres, le gouvernement, avec 43,8 % de parts, et la SICOM (15 %). Le représentant de la SICOM sur le conseil d’administration de la SBMH n’est autre que Nureshkumar Ashok Prayag, celui-là même qui a présidé (le fait-il toujours ?) le tristement célèbre comité d’experts sur la réforme de la pension.
Ashok Prayag siège à la SBMH comme simple directeur non exécutif. Pour le moment. Car tout cela va changer. Selon des informations parvenues à Scoop.mu, les actionnaires de SBMH seront invités ce vendredi à approuver une résolution visant à nommer Ashok Prayag comme vice-président de la SBMH. Le poste n’existe pas et n’a jamais existé. Il sera créé rien que pour caser l’ami Ashok.
Le président de la SBMH est actuellement Mahendra Vikramdass Punchoo. Ce dernier a été Second Deputy Governor de la Banque centrale entre 2014 et 2020, période où les plus grands scandales bancaires ont éclaté, dont celui de la SBM elle-même avec ses pertes évaluées maintenant à Rs 14 milliards. Cela, alors que Punchoo était censé superviser toutes les banques commerciales, y compris la Silver Bank et la MauBank.
Le directeur exécutif de la SBM est Raoul Gufflet, probablement l’un des directeurs gagnant le plus d’argent à Maurice, avec Rs 45 millions par an.
On ignore combien Ashok Prayag touchera comme vice-chairman, poste spécialement créé pour lui.
Conflit d’intérêts au sommet
Pour rappel, comme l’avait révélé le journal Le Défi du 19 juin, Ashok Prayag est actionnaire de la compagnie d’assurance Quantum Insurance ‒ il possède 32 000 actions. Tout en étant le président du conseil d’administration de la SICOM. Un cas flagrant de conflit d’intérêts !
Cette future nomination comme vice-président à la SBMH – comme si celle à la SICOM ne lui suffisait pas ‒ avait été décidée avant la présentation du budget et avant le grand ramdam causé par la réforme de la retraite, proposée par le comité d’experts présidé (encore une fois) par Ashok Prayag.
Il est fort possible que cette nomination ne soit plus à l’agenda ce vendredi. Sauf si Navin Ramgoolam nous démontre qu’il se moque des problèmes de conflit d’intérêts. Et de la faillite de la réforme de la pension qui l’a forcé à faire marche arrière.