La Financial Crimes Commission (FCC) n’a aujourd’hui 13 novembre pas objecté à la demande de remise en liberté conditionnelle pour l’ex-commissaire de la même FCC. Son avocate, la Senior Counsel Urmila Boolell, a déclaré, sans rire, que son client a passé 14 jours en détention policière. Et souligné que « honnêtement, j’ignore pourquoi on a détenu mon client. »
En fait, Junaid Fakim était détenu par la police, d’une façon, disons, virtuelle puisqu’il n’a jamais passé une seule nuit ni une seule heure en cellule policière. Il était ‘détenu’ en clinique pour raison de santé.
Maminiaina ‘Mamy’ Ravatomanga avait lui aussi eu la chance de ne pas avoir à passer un seul moment en cellule policière. Ou plutôt, il a eu la malchance de tomber malade à l’approche d’un centre de détention. Il a fait la tournée des hôpitaux et cliniques avant d’atterrir finalement au Cardiac Centre de l’hôpital de Candos, qu’il veut maintenant quitter pour retrouver le confort de la Premium Clinic de Phoenix.
Coup de fil libérateur
Mais pourquoi la FCC n’a-t-elle pas objecté à la demande de remise en liberté de Junaid Fakim ? Selon nos informations, c’est la FCC qui a convoqué Junaid Fakim pour prendre « sa déposition relative à son téléphone. » Et c’est suite à cela que la FCC a invité Junaid Fakim à se présenter au tribunal de Rose-Hill où elle a indiqué à la cour qu’elle ne compte plus objecter à la remise en liberté de son ancien commissaire.
Ainsi donc, l’audience d’aujourd’hui n’était pas motivée par l’état de santé de Fakim. D’ailleurs, au sortir du tribunal, Me Urmila Boolell n’y a pas fait référence, se contentant de déclarer que la commission anti-corruption n’a jamais confronté Junaid Fakim à une version autre que celle qu’a donnée le même Fakim au sujet de la rencontre avec Ravatomanga le 14 octobre. Version, comme nous l’avons dit, qui est quand même accablante pour Fakim.
Pour rappel, si Fakim a reconnu avoir rencontré Ravatomanga le 14 octobre à Quatre-Bornes, il affirme qu’il ne savait pas pourquoi. Et que ce n’est qu’après avoir entamé la conversation qu’il s’est rendu compte que Mamy voulait l’entretenir des affaires concernant la FCC. Et bien sûr, c’est Nasser Bheeky qui est accusé de lui avoir fait cette mauvaise surprise en organisant une réunion avec l’homme d’affaires malgache.
Mamy dira sans doute, lui-aussi, que c’est la faute à Nasser Bheeky de l’avoir invité à une réunion dont il ne savait ni l’objet ni l’identité des autres invités. Bref, une sorte de ‘surprise party.’
La question qui se pose : puisque la FCC n’a pas objecté à la remise en liberté de l’ex-commissaire de la FCC Junaid Fakim et sur qui pèse l’accusation grave de trafic d’influence (‘Public Official using his office for gratification‘), en fera-t-elle de même pour Nasser Bheeky qui est sous le coup d’une même accusation ?
Pas une mais deux réunions
Urmila Boolell regrette que certains aient déjà déclaré son client coupable alors que c’est à une cour de justice d’en décider. Elle se permet cependant d’affirmer que les charges ne tiendront pas. « Il ne faut pas être senior counsel pour arriver à cette conclusion. »
Nous apprenons de plus qu’il y aurait en fait eu deux réunions au domicile de Hassen Fakim, le 14 et le 15 octobre. Si c’est vrai, l’affaire prendrait une autre tournure. Or, l’on nous jure que Junaid Fakim n’était pas présent à la deuxième réunion du 15, même si elle a eu lieu en la demeure des Fakim !
A noter que l’ex-commissaire de la FCC est retourné en clinique jusqu’à ce que la police le libère officiellement et il regagnera son domicile peu après dès qu’il sera rétabli.
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