Le leader du MMM a annoncé qu’il ne sera pas présent à l’Assemblée Nationale ce mardi. Et qu’il décidera aujourd’hui s’il demeurera au gouvernement ou non. Mais ce n’est pas aussi simple que ça ….

Après sa conférence de presse d’hier 16 mars, on se demande pourquoi Paul Bérenger a annoncé sa démission du gouvernement tout en ajoutant qu’il faudra attendre aujourd’hui ou demain mercredi pour la confirmation. Quelle est la stratégie du leader du MMM ?

Pour essayer de comprendre, référons-nous à sa deuxième phrase dans laquelle il affirme avoir déjà informé les membres du Bureau Politique (BP) de ce qu’il reproche au gouvernement.

Ces 35 membres du BP dont 18 élus (on ne sait combien étaient présents) sont donc au courant de ces reproches faits au gouvernement. On présume que cela concerne des scandales graves relatifs notamment aux agissements du ‘Gang des Cinq’ qui, selon Paul Bérenger, aurait « fait des petits. »

Ces scandales et autres attentes non satisfaites seraient donc tellement graves qu’ils ont poussé Paul Bérenger à prendre ses distances du gouvernement et, pour le prouver, il prévient qu’il ne prendra pas part aux travaux parlementaires aujourd’hui.

Paul en toute liberté

Le leader du MMM a aussi déclaré que tout ce qu’il ne pouvait pas révéler auparavant, « même au BP parski mo ti dan gouvernement, mone dire […] au BP ». On peut en déduire qu’il ne se considérait plus comme faisant partie du gouvernement dès hier puisqu’il a brisé le silence. Cela, même s’il a affirmé qu’une décision définitive sera prise mercredi.

Et pourquoi a-t-il ajouté que même si une décision définitive et officielle sera prise mercredi, il pourrait cependant décider de démissionner comme DPM dès aujourd’hui mardi ?

Après avoir annoncé qu’il n’ira pas au parlement aujourd’hui, Paul Bérenger a déclaré que les autres élus de son parti auront à prendre leur responsabilité. « Que ceux qui veulent aller au parlement le fassent et ceux qui ne le veulent pas ne le fassent pas. Comme moi ! »

C’est cette phrase qui contiendrait le message implicite adressé à ses collègues élus et qui semble vouloir dire : « si vous vous rendez quand même au parlement comme députés et surtout comme ministres de ce gouvernement malgré les scandales que je vous ai révélés et que ce même gouvernement tolère, à vous de prendre votre responsabilité. »

En fait, la présence ou non au parlement des élus mauves n’est pas importante en soi car l’autre message subliminal de Bérenger semble être la suivante : « Après avoir pris connaissance des magouilles graves au sein du gouvernement, vous devriez démissionner de ce même gouvernement au plus tard aujourd’hui mardi. Et non attendre mercredi. »

La nuit porte conseil

Cependant, le leader du MMM est disposé à laisser ses collègues du BP y réfléchir durant la nuit, à « sleep over it », à « digérer », avant de prendre la décision cruciale mardi matin. Charmante sollicitude ? Pas vraiment. Car la nuit du 6 au 17 mars a dû être longue pour beaucoup d’élus du MMM. Peut-être même une nuit blanche pour certains qui, au lieu de « sleep over it », ont eu à cogiter ou avoir un sommeil agité.

Les ministres mauves surtout se seraient sûrement demandés toute la nuit s’ils pouvaient demeurer dans un gouvernement dont les scandales seront étalés en public par Paul Bérenger. Ils ont dû essayer de prévoir la réaction du public en général et de leurs mandants en particulier après les éventuelles révélations.

Ils ont dû longuement calculer qui du salaire de ministre et tout ce qui va avec ou de la moralité doit primer. Comment défendre leur honneur face à la population surtout s’ils veulent être réélus ? Ils ont dû se remémorer le sort de ceux qui, dans le passé, avaient choisi de rester dans un gouvernement à scandales.

Mais quels sont les reproches faits par Bérenger au gouvernement ? Il n’en a pas encore donné les détails mais sa phrase suivante nous donne une idée de la gravité : « ene gran zafer nou fine fer kan inn met MSM deor. Mai pa finn fer tousala pou ki zordi ene gran partie seki MSM ti pe fer pe refer. »

Sont-ce ces scandales ou les problèmes graves économiques qui nous guettent et pour lesquels rien n’est fait qui ont poussé Paul Bérenger à annoncer sa démission comme DPM ? Il semble que ce soit les deux. Il déballera tout mercredi, a-t-il promis.

Cette fois-ci c’est la bonne ?

Pour ceux qui espéraient que Paul Bérenger reviendra sur sa décision grâce à une énième intervention de Navin Ramgoolam, eh bien, ils ont dû se raviser puisque Paul Bérenger a déjà donné la réponse hier : « Nous (Paul Bérenger et Navin Ramgoolam) nous sommes parlés aujourd’hui pendant 45 minutes. Mais il n’y a rien eu de nouveau. Et il n’est pas prévu que nous nous rencontrions à nouveau. En tout cas, pas demain ni mercredi. »

Mais le même Bérenger a ajouté que cette éventuelle rencontre n’est pas impossible. Si Ramgoolam le rencontre, des promesses et des arguments suffiront-ils ? « Quant à moi » a-t-il assené « la décision est prise. Mais quand la mettre à exécution dépendra de la présence ou non au parlement de ses collègues du parti … », tout en ajoutant une deuxième incertitude : « si pou mette à exécution », laissant planer le doute qu’un revirement est encore possible.

A voir la réaction du public, si Bérenger revient sur sa décision, il perdra toute sa crédibilité.

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