Paul Bérenger avait proposé de prendre le poste de ministre des finances à Navin Ramgoolam parce qu’officiellement le Premier ministre ne pouvait s’en sortir avec ses autres grosses responsabilités dont l’intérieur et le PMO.
Mais en demandant aussi le départ de Dhaneswhar Damry comme Junior Minister aux Finances, Paul Bérenger a mis le doigt là où ça fait mal. Et en refusant cette ‘offre’, Ramgoolam démontre qu’il tient à ce que son protégé demeure sur place pour que lui, Ramgoolam, conserve le contrôle sur les finances à travers son junior minister.
Or, justement Paul Bérenger, lui, veut surtout que Damry s’en aille des finances en raison, entre autres, de la Bande des Cinq que Damry utiliserait. Paul Bérenger en a sûrement parlé à Ramgoolam qui devait déjà être au courant de certains agissements de cette bande dans l’affaire Mamy Ravatomanga, mais aussi à l’Economic Development Board et ailleurs …
Si Ramgoolam ne le savait pas, ce serait grave pour un Premier ministre. S’il l’était, ce serait encore plus grave qu’il n’ait pris aucune mesure pour faire stopper ces pratiques. Même si ce gang non élu aurait arrêté les magouilles, ce serait tout aussi inacceptable que Ramgoolam n’ait rien fait pour l’écarter du pouvoir.
Retour de la kwizinn
A vrai dire, Ramgoolam est coincé. S’il retire Damry des Finances – ce qui entrainerait aussi la mise hors d’état de nuire de cette kwizinn version PTr – on se demandera pourquoi il n’a pas alerté la FCC, lui qui a juré à plusieurs reprises que ceux qui ont fauté doivent payer. Sauf s’il avance qu’il s’est séparé de ces encombrants personnages rien que pour faire plaisir à Paul Bérenger. Ce qui serait mal vu par les travaillistes et convaincra difficilement la population qui soupçonne des ingérences de cette bande dans l’affaire Ravatomanga notamment.
Cette explication ne plairait pas non plus à Paul Bérenger qui fait déjà l’objet de critiques à l’effet qu’il se conduit comme un enfant gâté dont il faut satisfaire les moindres caprices. Ce genre de critiques commencent à persuader même des sympathisants du MMM qui se disent que Bérenger fait de l’opposition en interne, juste pour emmerder son monde ou encore – et c’est le plus grave – pour défendre certains intérêts privés.
Cela, alors qu’il s’agirait en réalité de neutraliser ceux qui font du tort non seulement au pays mais au gouvernement, y compris aux ministres travaillistes qui ne cautionnent pas ces magouilles et qui en pâtissent auprès de leurs mandants.
Même si Ramgoolam et Bérenger s’entendent (encore une fois) pour ne pas ébruiter ces intrigues, le leader mauve surtout y laissera des plumes.
Contrôle absolu
Mais pourquoi Navin Ramgoolam ne veut-il pas accéder à l’offre de Paul Bérenger ? Il faut savoir qu’il existe une cinquantaine d’institutions tombant sous les Finances. C’est sans compter les nombreux boards et ministères où siègent au moins un représentant des Finances. Il ne faut pas oublier non plus que c’est ce ministère qui alloue les budgets aux différents ministères.
En tant que Premier ministre, Navin Ramgoolam ne conservera-il pas quand même le pouvoir ultime ? « Oui » nous dit un ancien ministre « mais il y a tellement de décisions quotidiennes à prendre que Ramgoolam pourra difficilement suivre. C’est pour cela qu’il a besoin d’un ministre des finances tout à ses ordres comme ce fut le cas avec Pravind Jugnauth et Renganaden Padayachy. Or, avec quelqu’un d’un autre parti et qui, de surcroit, a une personnalité comme Paul Bérenger, ce sera différent. Bérenger exigera de travailler en toute indépendance. »
Il est possible aussi que si Ramgoolam accepte de céder les Finances, il voudrait que ce soit à lui d’en décider en offrant ce poste en retour d’un avantage politique. Par exemple, que ce nouveau ministre demeure au gouvernement en abandonnant le MMM…
On attend toujours que Ramgoolam communique sa décision directement à Paul Bérenger, sans passer par la presse. Le PM lui a déjà fait cette impolitesse lorsqu’il avait renouvelé le contrat du Commissaire de Police en novembre 2025.
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