L’hôtel Maradiva fait l’objet de convoitises.

Par Narain Jasodanand et Jasvin Sok Appadu

Le complexe hôtelier Maradiva avait été mis sous administration volontaire par ses propriétaires Ramdanee et Jugnauth, et non par les principaux créanciers, la State Bank of Mauritius (SBM) et la Mauritius Investment Corporation (MIC). Contrairement à ce que l’on pensait, ces dernières n’avaient pas contesté cette mise sous administration volontaire.

Maradiva Villas Resort and Spa doit environ Rs 1,65 milliard à la SBM et Rs 1,6 milliard à la MIC. Total : Rs 3,3 milliards, sans compter les intérêts. Pour ces créanciers, il s’agit de trouver au plus vite un repreneur. Un gros groupe hôtelier aurait déjà présenté la meilleure offre de Rs 3,2 milliards.

On se rappelle que l’hôtel Maradiva avait subi un incendie en février 2025 et d’autres dégradations. On soupçonne des actes criminels destinés à dévaluer l’hôtel pour pouvoir le racheter à prix réduit. Mais cela n’a jamais pu être confirmé.

Revoilà Tevin !

Quoi qu’il en soit, l’offrant était sur le point de conclure le rachat, ce qui allait soulager la SBM et la MIC. Mais c’était sans compter l’intervention de… Tevin Sithanen. Oui, celui-là même qui est accusé de diverses magouilles à la Banque de Maurice (BoM) mais qui n’a pas été inquiété.

Tevin Sithanen agirait comme intermédiaire dans la reprise de Maradiva à travers sa société Elysium. Et il représente un consortium d’investisseurs mystérieux, locaux et étrangers. Tevin Sithanen bénéficierait du soutien de Rajeev Hasnah, le First Deputy Governor de la BoM et chairman de la MIC.

Rajeev Hasnah ne veut-il pas que le deal avec le groupe hôtelier soit conclu, même si l’acquéreur est bien mauricien et a une grande expérience dans la gestion hôtelière ? Cette reprise allait non seulement garantir la survie, ou plutôt une nouvelle vie, à Maradiva mais être bénéfique au pays et aux touristes.

Le groupe hôtelier aurait de plus assuré que la banque d’État continuera d’être le financier de Maradiva et peut-être aussi de ses autres enseignes. Mais toutes ces considérations « patriotiques » n’intéresseraient pas Tevin Sithanen, bien évidemment. Cependant, on ne comprend pas la position de Rajeev Hasnah, pourtant dirigeant de la Banque centrale.

Pour le fils de l’ancien gouverneur de la BoM, le montant des Transaction Fees qu’il touchera serait surtout ce qui importe. Pour arriver à son but, il tenterait d’influencer la MIC pour qu’elle nomme un expert financier pour réévaluer les conclusions de l’administrateur.

Aussi, des pressions auraient été exercées sur WestbyMJ, le partenaire de Maradiva dans les projets de construction et vente de villas, pour que WestbyMJ émette une lettre indiquant qu’elle préférerait collaborer avec Elysium dans le cadre de la reprise de Maradiva.

Des menaces auraient également été faites selon lesquelles si Elysium n’est pas retenue comme Transaction Advisor, la délivrance des Letters of Approval sera bloquée ou retardée, probablement par des contestations judiciaires. Ou par intervention en haut lieu ?

La suite sera passionnante à suivre.

Tevin Sithanen ne nous a pas répondu. Ni Rajeev Hasnah.