L’accident du 9 septembre à Guibies a eu des conséquences sur la plupart des routes.

Par Doris Félix

Il était 14 h 15 environ quand l’accident a eu lieu à Guibies, mercredi 9 septembre. À 17 h 52, lorsque ces lignes ont été écrites, cela faisait 3 h 37 que tout le pays était à genoux. 3 h 37 à ramper petit pas par petit pas, de croisée en croisée.

On vire à gauche, on vire à droite, Google Maps perd le Nord ! On essaie de jouer au malin, mais personne ne s’en sort. Des voitures en panne d’essence, moteur allumé depuis des heures. Des chauffeurs qui descendent de leur véhicule, désespérés, pour se dégourdir les jambes au milieu de l’autoroute.

Et on veut se faire appeler petit pays avancé ? Petit tigre africain ? Arrêtez de rêver !

Vous avez pensé à ça, messieurs les décideurs ?

Aux milliers de gamins qui attendent leurs parents à la sortie des classes depuis 15 h 30, seuls, sous le soleil, pendant que leurs parents pleurent d’impuissance dans un embouteillage sans fin ?

Au médecin appelé en urgence à l’hôpital, à la clinique, qui est bloqué comme tout le monde et qui ne pourra pas sauver son patient ?

Aux infirmiers, aux policiers, aux pompiers qui doivent prendre leur shift et qui sont coincés ?

Aux ambulances bloquées, sirènes allumées, avec des malades à l’agonie à l’intérieur ?

Aux gens qui ont un vol à prendre ce soir, qui vont tout perdre ?

Aux employés qui pointent à des heures fixes et qui seront marqués absents ?

Aux personnes âgées, aux diabétiques, aux femmes enceintes, bloquées sans eau, sans toilettes, sans issue, et qui ne savent plus à quel dieu se vouer ?

Imaginez un incendie. Imaginez un flash flood. C’était un carnage assuré. On aurait péri brûlé ou noyé dans nos voitures.

Avalez votre arrogance ! Au lieu de nous imposer votre M4 à milliards en pleine forêt que personne ne veut, améliorez d’abord notre artère principale : le nord-sud via Port-Louis. Même un jour normal on y perd un temps infini.

Hier ce n’était pas juste Guibies. C’était Verdun, Flacq, Pamplemousses, partout. Un accident à un point et c’est toute l’île Maurice qui est prise en otage. Les sirènes causent un stress supplémentaire !

Il y a un grave problème. Et il faut le dire fort.