
Il sera intéressant de prendre connaissance des explications du ministre Woochit sur le décès de D. W., ce mardi 1er septembre. Si la question passe…
Par Narain Jasodanand
Ce mardi 1er septembre, la députée du Fron Militan Progresis, Joanna Bérenger, demandera au ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit, s’il avait reçu des plaintes venant de D. W., ex-employée de la municipalité de Vacoas-Phoenix, décédée le 20 août.
Elle interrogera plus particulièrement le ministre sur les allégations de harcèlement et de pressions psychologiques qu’aurait subis Daniella, ainsi que sur les « fausses » accusations dont elle a fait l’objet concernant la fuite de la liste des nouvelles recrues à la municipalité.
Pour rappel, Scoop.mu est revenu, le 26 août, sur cette affaire de fuite de document et de harcèlement mais aussi sur celle relative à l’impunité dont a bénéficié l’auteure présumée des harcèlements, la supérieure de D. W., I. K. S., dans l’affaire de dépôt de Rs 91 millions de la municipalité de Curepipe chez l’ex-Banyan Tree Bank, dépôt qui a ensuite été transféré à la Silver Bank.
Fuite de la LGSC ?
Concernant la fuite de document, Scoop.mu en a appris un peu plus. Il semble qu’I. K. S. avait remis à D. W. la liste des nouvelles recrues pour faire des photocopies pour les adresser à plusieurs destinataires. Ce qui a été fait.
La liste aurait pu donc être fuitée par plusieurs autres personnes. « Pourquoi serait-ce D. ?, se demande un de ses collègues, elle avait déjà assez de soucis… »
Le plus important c’est que les listes – tout aussi discriminatoires ‒ des recrues du conseil de district de Moka et de la municipalité de Port-Louis avaient aussi été fuitées. Joe Lesjongard avait même brandi celle de Port-Louis au parlement.
C’est pourquoi plusieurs personnes, dont Jonathan Chatigan, celui qui avait fait état le premier de cette affaire de discrimination, sont d’avis que la fuite provenait de la Local Government Service Commission (LGSC) et non des municipalités ou du conseil de district.
Quoi qu’il en soit, ce serait ce dernier « harcèlement » qui aurait poussé D. W. à commettre l’irréparable. Il est vrai qu’elle avait des problèmes familiaux et elle était constamment harcelée par I. K. S. qui l’aurait accusée, de plus, d’être responsable de la fuite de la liste des recrues de Vacoas.
Joanna Bérenger demandera aussi au ministre Woochit si D. W. se serait plainte auprès de lui des « persécutions » que lui faisait subir I. K. S., et cela à plusieurs reprises. Or, il semble que le ministre n’ait pas réagi.
Pressions, Alphamix etc.
Ranjiv Woochit n’aurait pas non plus pris de mesures contre I. K. S. ni ordonné une enquête sur l’affaire de dépôt de la municipalité de Curepipe de Rs 91 millions maintenu au-delà de la date de maturité chez Banyan Tree Bank. Pourtant, il savait bien que son prédécesseur, le Dr Anwar Husnoo, n’avait aucunement sanctionné la dame, contrairement à ce que l’ex-ministre avait déclaré au Parlement le 24 novembre 2020. Elle avait juste été mutée vers un conseil de district.
Ranjiv Woochit devrait aussi être au courant des persécutions que faisait subir cette femme à plusieurs autres employés de municipalités et de conseil de district.
Le plus grave dans cette histoire ? Il y a eu d’étranges manœuvres depuis la semaine dernière pour faire taire plusieurs personnes qui sont au courant de ce qui s’est passé à la municipalité de Vacoas, dont des journalistes et même une élue de l’Assemblée nationale. Pourquoi ?
Il faut savoir que le même ministre Woochit s’est montré réticent à mettre sur pied une enquête concernant l’affaire Alphamix Ltd, dans laquelle une dette de Rs 8 millions en 2003 du conseil de district de Rivière-du-Rempart est passée à plus d’un demi-milliard en 2022. On saura bientôt ce qui se cache derrière tous ces mystères et ces tractations.