Noémie Barragan, la compagne d’Arnaud Mayer, patron d’Evaco, a pu conserver son parc animalier.


Par Narain Jasodanand

Scoop.mu se demandait le 25 juillet pourquoi ni Deven Nagalingum ni Ram Etwareea n’avaient parlé, le 21 juillet à l’Assemblée nationale, du Jardin Endémique et Animalier du Cap, installé carrément à la place du terrain de foot de Cap Malheureux et géré par Noémie Barragan. On se demandait aussi si Evaco louait à bail, et payait pour tout le terrain de football et si les permis nécessaires pour le parc avaient été obtenus.

Scoop.mu vient de recevoir les réponses à ces questions, grâce à une plainte déposée en février 2026 par le conseiller du village de Cap Malheureux, Reebouraden Permall, contre… le conseil de district de Rivière-du-Rempart. Evaco est cité comme co-défenderesse.

Nous apprenons ainsi que l’autorisation des services vétérinaires du ministère de l’Agro-industrie n’a jamais été obtenue pour le parc animalier. Et que ni le ministère des Terres n’a permis l’occupation de tout le terrain de foot par le parc, ni le ministère de l’Environnement n’avait donné son aval.

BLUP ou pas BLUP

Et le Building and Land Use Permit (BLUP) ? Reebouraden Permall explique dans son affidavit qu’Evaco a construit le parc animalier en octobre 2024, sans même demander de BLUP. Ce ne sera qu’en février 2025, c.-à-d. après le changement de gouvernement, qu’Evaco en fera la demande.

Là, c’est le début d’une autre affaire dans l’affaire. Le conseil de district a refusé de montrer la demande d’Evaco à Permall, qui est non seulement conseiller du village de Cap Malheureux mais siège aussi sur le conseil de district.

De plus, Permall a informé le conseil de district qu’Evaco n’avait pas affiché sa demande sur le terrain, comme le veut la loi. Le Permits and Business Monitoring Committee du conseil de district a donc rejeté la demande le 27 mars 2025. Evaco l’a renouvelée le 3 avril 2025.

Le 4 décembre 2025, Permall a appris que la demande était passée d’un projet de « garden (inclusive of endemic and native species/ parking spaces ) with kiosk and related Community » à « garden (inclusive of endemic and native species/parking spaces) with Kiosk and related Community Farm (inclusive of 9 animal sheds + 3 storage spaces) ». Permall a objecté et ne voulait pas que le BLUP soit accordé à Evaco.

Le conseiller a appris, le 19 décembre 2025, qu’une plainte qui avait été déposée à la police – on ne sait quand ‒ par le conseil de district contre Evaco pour construction illégale était appelée au tribunal ce jour-là. Il a découvert de plus que le conseil de district avait approuvé le BLUP d’Evaco ce même 19 décembre !

C’est pourquoi Reebouraden Permall demande, par le biais de l’avoué Me Roshan Rajroop et l’avocat Me Siven Tirvasen, à la cour de déclarer le BLUP comme étant nul et non-avenu. L’affaire est toujours en cours.

Questions sans réponse

Mais qu’est-ce qui s’est passé entre le 27 mars 2025, quand le conseil de district a rejeté la demande (tardive) de BLUP d’Evaco, et le 19 décembre 2025, lorsqu’il l’a approuvée ? On ne le sait.

Nous apprenons que le ministère de l’Environnement avait, dans un premier temps, refusé de donner son accord pour le parc animalier, à cause du « buffer » de 200 mètres avec les habitations et l’école SSR Government School, qui ne pouvait pas être respecté. Puis, dans un deuxième temps, le ministère a fait marche arrière et a imposé plusieurs conditions assouplies pour la création du parc animalier.

Selon nos informations, c’est Navin Ramgoolam lui-même qui a demandé cet assouplissement à Rajesh Bhagwan, qui s’y est soumis sans broncher. C’est l’une des reculades de Bhagwan qui a embarrassé et étonné les employés du ministère de l’Environnement.

On comprend mieux maintenant pourquoi Etwareea et Nagalingum ont eux aussi habilement passé sous silence l’affaire du parc animalier. Était-ce parce que l’ordre venait d’en haut ? Ou était-ce en raison des beaux yeux de Noémie Barragan ? Ou les deux ?

Contacté, le président du conseil de district de Rivière-du-Rempart, Lenine Aukhajan, nous promet qu’il nous répondra plus tard, après avoir obtenu un avis légal.