La CWA affirme que la FCC enquête sur le Pipe Replacement Programme.


Par Narain Jasodanand

Que n’avait-on pas reproché à Prakash Maunthrooa avant 2025 ? Rien que pour le Pipe Replacement Programme de la Central Water Authority (CWA), on avait dit pis que pendre de l’ancien directeur. Pourtant, il ne semble pas avoir été inquiété jusqu’ici. A-t-il « effacé » les preuves, lui aussi ?

Dès sa nomination comme ministre des Services publics, le 17 décembre 2024, Patrtick Assirvaden a rappelé au Dr Farhad Aumeer le rapport de Yousra Lalmahomed, l’ancienne auditrice de la CWA, dont les malheurs avaient « commencé après qu’elle avait soumis son rapport sur le programme de remplacement des tuyaux internes, ce qu’on appelle le in-house Pipe Replacement Programme – ce fameux scandale – […] qui prévoyait un financement de Rs 700 millions ». Assirvaden soulignait que « le rapport de l’audit a relevé un catalogue d’actes et d’omissions coupables de la part de la CWA, du management et de monsieur Prakash Maunthrooa… » Après ces fortes paroles, le ministre promettait une enquête approfondie.

Vingt mois après, la seule enquête qui a été faite n’en est pas vraiment une. Le rapport de décembre 2025 du National Audit Office (NAO) ne revient pas en détails sur les abus sous la direction de Prakash Maunthrooa. Il contient juste des remarques générales. Concernant le Pipe Replacement Programme, le rapport affirme, par exemple, que, bien que « the renewal of some 385 kilometres of pipes was noted over a period of two years, that is 192.5 kilometres per year which is 7.7 times higher than the average of 25 kilometres of pipes laid every year during period 2015 to 2024 through major contractors… works were not fully completed and adequately carried out in the in-house category as stretches of pipes still had to be buried underground as of December 2024… » Avant de conclure : « The new pipes laid have had no effect in reducing Non-Revenue Water. »

Le NAO enquêtera-t-il en profondeur pour situer les responsabilités ? On ne le sait.

Encore un rapport

De son côté, la Financial Crimes Commission (FCC) a soumis un rapport en septembre 2025, consacré aux risques dans l’exécution des projets à la CWA, tout en faisant des recommandations non de poursuites mais de gouvernance à l’avenir. Pas grand-chose sur ce qui s’est réellement passé sous Maunthrooa, sauf ce que l’on savait déjà. Aucun nom, aucune transaction en particulier n’est cité.

Pourtant, parlant du Pipe Replacement Program, le rapport confirme que « Management has systematically split pipeline replacement/renewal projects into multiple phases to circumvent procurement oversight ». Ce qui a résulté, dit le rapport, en l’utilisation de « less rigorous procurement methods and facilitating greater management discretion in bidder selection for each split project ». L’absence d’approbation du board pour certains contrats est aussi relevée.

Concernant les fameuses disparitions d’équipements dans les entrepôts de la CWA, la FCC se contente de parler de « suspicious stocktaking practices », avant de faire encore des recommandations sur les procédures à suivre à l’avenir. Et l’enquête pour situer les responsabilités ?

Dans un communiqué du 31 juillet 2026, la CWA nous fait savoir qu’une enquête est actuellement menée par la FCC sur l’Internal Pipe Replacement Programme lancé en 2023-2024.

Depuis quand la FCC enquête ? Qui ont été convoqués ? L’enquête concerne-t-elle aussi les contrats octroyés aux petites et moyennes entreprises sous le Pipe Replacement Programme, en sus de l’Internal Pipe Replacement Programme ? On l’ignore.

On se souvient des « visites » de deux ingénieurs à la FCC et d’un autre qui a été licencié sans être passé devant un comité disciplinaire. Mais rien sur Prakash Maunthrooa et les managers.

Maunthrooa a eu le temps de quitter le pays juste après les législatives du 10 novembre 2024, craignant sans doute une arrestation. Il est rentré depuis quelques mois, sans être inquiété à sa descente d’avion ni après. On l’a vu circulant, se cachant le visage sous sa casquette à longue visière.

Si Maunthrooa a démissionné de la CWA, ses enthousiastes collaborateurs dans les projets de remplacement de canalisations y sévissent toujours. On parle de sociétés sous-sous-traitantes de ces travaux et qui appartenaient en fait à au moins un manager.

Il y avait aussi d’autres scandales demeurés hors de vue, tels les puits de forage creusés sous l’ancienne direction qui n’ont jamais fourni d’eau. Il semble qu’aucun sondage d’eau n’avait été entrepris au préalable.

La privation intentionnelle d’eau est qualifiée parfois de crime contre l’humanité. Comment appelle-t-on des privations motivées par l’appât du gain ? Et celle consistant à faire faussement croire que l’on a cherché et trouvé de l’eau ? Comme cela avait été fait à 16e Mile et à la bien nommée Riche-en-Eau avant 2025…