PENDANT que certains s’obstinaient à prétendre qu’aucune tension n’existait entre le MMM et le Parti travailliste au sein du gouvernement, allant jusqu’à minimiser les évidences et à prendre l’opinion publique pour ignorante, la ministre Ariane Navarre-Marie a choisi la transparence.
Avec franchise, elle a confirmé ce que beaucoup savaient déjà : oui, il existe de réels désaccords entre les deux grands partenaires de l’Alliance du Changement, le Ptr et le MMM. Elle répondait à une question de la presse hier.
Selon nos informations, ces divergences, longtemps contenues, se sont accentuées à l’approche du premier anniversaire de la victoire historique 60-0. Au sein du MMM, certains ont voulu présenter le malaise comme une simple humeur de Paul Bérenger, accusé de vouloir “casser l’alliance”. Le ministre Ajay Guness avait même déclaré que c’est la presse qui invente les tensions. Cette version arrangeait surtout ceux qui préfèrent taire le fond du problème : le fossé idéologique et éthique qui s’est creusé entre les deux partis.
Paul Bérenger, fidèle à son style direct, ne cache plus ses réserves. Selon plusieurs sources internes, il considère qu’après l’affaire Ravatomanga – qui a mis en lumière un affairisme inquiétant au plus haut niveau de l’État – le MMM ne peut plus fermer les yeux.
À cela s’ajoutent la lenteur dans les nominations, l’absence de réformes promises, et un sentiment d’immobilisme qui commence à miner les rangs militants.
La semaine dernière, des tentatives de médiation ont eu lieu. Certains cadres du MMM, soucieux de préserver leurs positions gouvernementales et leurs postes ministériels, ont plaidé pour le maintien de l’alliance, convainquant temporairement Bérenger de surseoir à sa décision. Certains ont même dit qu’ils ne suivront pas le leader si ce dernier décide de quitter le gouvernement.
Mais les signaux récents ont été clairs lors de la dernière réunion du bureau politique des mauves hier lundi : le leader mauve a repris le contrôle total de son parti.
Le choix du porte-parole pour la déclaration officielle de ce jour en est un exemple frappant. Ce n’est pas Ajay Gunness, mais Rajesh Bhagwan, le secrétaire général du MMM, qui a été désigné pour s’exprimer au nom du parti.
Selon nos informations, le Bureau politique du MMM attend désormais des gestes concrets du Premier ministre. Lors de leur rencontre jeudi dernier, Navin Ramgoolam aurait pris certains engagements pour apaiser les tensions.
Mais l’ultimatum est posé : si rien ne bouge d’ici vendredi, la rupture sera officiellement proposée au Bureau politique des Mauves.
Le Premier ministre s’apprête à s’adresser à la Nation pour marquer le premier anniversaire de l’Alliance du Changement.
Un discours qui sera suivi avec la plus grande attention par la direction du MMM — chaque mot, chaque phrase, chaque silence sera interprété.
De ce discours dépendra la participation, ou non, du MMM au Conseil des ministres de vendredi prochain. Ce qui se joue dans les jours à venir dépasse la simple question d’alliances.
C’est une question de crédibilité politique, de cohérence idéologique, et peut-être de survie pour les deux formations.
Une décision est attendue avant l’arrivée officielle du président français Emmanuel Macron à Maurice. Et déjà, une interrogation domine les conversations politiques : Paul Bérenger sera-t-il présent, en tant que DPM, pour accueillir le président français ? Le doute s’installe.
Même au sein du Parti travailliste, certains estiment que le choix est déjà fait : Le MMM se prépare à quitter le gouvernement.
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