𝐏𝐚𝐫 𝐉𝐚𝐬𝐯𝐢𝐧 𝐒𝐨𝐤 𝐀𝐩𝐩𝐚𝐝𝐮
Face à la flambée persistante des prix et à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, l’Exécutif avait promis plusieurs mesures destinées à stimuler la concurrence et à faire baisser les prix. Outre les subventions versées directement aux importateurs et aux commerçants, l’une des annonces phares du Budget concernait l’introduction de l’importation parallèle.
Le dossier avait d’ailleurs été porté avec vigueur par le Vice-Premier ministre Shakeel Mohamed. Il en avait fait l’un de ses principaux chevaux de bataille, au point de laisser éclater publiquement son agacement envers son collègue Ritesh Ramphul, qu’il accusait de faire obstacle à la mise en œuvre de cette réforme.
À la lecture du discours du Budget, le message semblait pourtant clair : l’importation parallèle allait voir le jour.
Mais, là encore, le discours prononcé mardi par Navin Ramgoolam devant l’Assemblée nationale est venu tempérer les attentes. Le Premier ministre a annoncé que plusieurs mesures nécessitaient davantage de préparation avant leur mise en œuvre. “We will come with the required legislative and operational framework for the implementation of Digital E-Visa system, parallel imports and anti-abusive pricing practices. “
Au final, si le Premier ministre et ministre des finances, Navin Ramgoolam a décidé de repousser le vote d’une loi pour permettre l’importation parallèle (il le dit lui-même : “These measures require more time for preparation before implementation”) pourquoi n’avoir pas fait la même chose pour la réforme des pensions qui suscitent toujours de vives contestations ? Il semblerait que les priorités de Navin Ramgoolam soient claires.
Après le retrait du Means Test et le flou persistant autour de l’indexation des pensions sur l’inflation, voilà désormais l’importation parallèle qui est renvoyée à une date ultérieure.
Plus de cas comme Patrick Hofman…ancien pilote de MK
Parmi les changements passés presque inaperçus figure également une modification importante concernant les pouvoirs du ministre responsable des Affaires intérieures, fonction actuellement assumée par le Premier ministre.
Jusqu’ici, celui-ci pouvait, à sa discrétion, révoquer le visa d’un non-citoyen lorsqu’il estimait que cela était dans l’intérêt public. Un pouvoir qui avait notamment fait polémique sous le précédent gouvernement lorsque le Premier ministre d’alors, Pravind Jugnauth, avait ordonné l’annulation du permis de résidence du pilote d’origine belge d’Air Mauritius, Patrick Hoffman. Cette décision avait contraint ce dernier à quitter Maurice, après des prises de position critiques envers le régime de l’époque.
Le gouvernement entend désormais mettre fin à cette large marge d’appréciation. Comme l’a expliqué Navin Ramgoolam, les décisions relatives au retrait d’un visa ne reposeront plus sur le seul pouvoir discrétionnaire du ministre. “Such decision will be based on rules rather than discretion.”
