
Même l’hôtel des Ramdanee/Jugnauth est l’objet de convoitises au sein du gouvernement.
Par Narain Jasodanand
La reprise de l’hôtel Maradiva pour Rs 3,2 milliards par le groupe Lux Island Resorts était pourtant annoncée comme imminente. Toutes les conditions étaient remplies, nous assurait-on, pour que la vente soit actée. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la transaction soit bloquée au dernier moment ?
On se rappelle des démarches de Tevin Sithanen et de Rajeev Hasnah, First Deputy Governor de la Banque de Maurice, pour torpiller ce deal. Ils voulaient en favoriser un avec de mystérieux repreneurs étrangers et locaux. Dans ce dernier accord, Tevin Sithanen allait percevoir des honoraires à travers sa société Elysium (voir notre article du 28 juin).
Est-ce parce qu’il n’y aurait pas d’honoraires à partager que le deal avec Lux Resorts a été stoppé ? Ou s’agit-il d’un énième « arrangement » entre le gouvernement et les familles Jugnauth/Ramdanee ?
Cependant, un troisième larron, un membre influent du gouvernement, serait intervenu et aurait pu convaincre en haut lieu pour que la transaction avec Lux Resorts soit bloquée. Il représenterait les intérêts d’un groupe étranger.
Or, tout comme pour le repreneur « présenté » par Tevin Sithanen, l’identité de celui du membre du gouvernement est inconnue, ainsi que sa capacité financière et la provenance des fonds.
Après l’affaire de la bande sonore et de l’affidavit de Nasser Beekhy, existeraient-ils encore des velléités de demande de « commissions », de deals secrets ? On croyait qu’un coup d’arrêt avait été mis à la convoitise de certains par cette affaire. Visiblement, non.
La meilleure solution
Quoi qu’il en soit, selon un professionnel du tourisme, il est préférable qu’une entité comme Lux Resorts reprenne Maradiva car « elle dispose du savoir-faire nécessaire pour remettre le Maradiva sur les rails. De plus, Lux dispose d’un réseau de marketing qui pourrait être utilisé pour remplir les chambres de Maradiva de touristes ».
Lux Resorts a aussi promis de garder les employés de l’hôtel. En revanche, si l’établissement est vendu à un fonds d’investissement, celui-ci devra employer un gérant pour faire tourner l’hôtel, à qui il faudra verser des Management Fees. « Ce genre de repreneur coupera dans les dépenses liées notamment au personnel. Il emploiera davantage d’étrangers. C’est d’ailleurs le style des fonds d’investissement. »
On avance aussi que Lux Resorts est listée en bourse et publie régulièrement ses bilans. « C’est un livre ouvert. Et le groupe Lux est bien mauricien. Si le gouvernement favorise un repreneur étranger, il doit savoir que les dividendes seront rapatriés, en devises étrangères. Ce qui contribuera à la dépréciation de la roupie. »
En attendant, le retard pris dans la concrétisation de la transaction entre Maradiva et Lux Resorts entraîne une accumulation des intérêts bancaires. Les créanciers, la State Bank of Mauritius (SBM) et la Mauritius Investment Corporation (MIC), pourraient ainsi voir Lux Resorts se désintéresser de l’opération, voire dissuader d’autres repreneurs potentiels. Sauf, bien sûr, celui qui aurait éventuellement les faveurs des « décideurs » et qui attend justement le moment propice pour surgir.
À propos de faveurs, il est possible que l’entité représentée par ce membre influent du gouvernement bénéficie d’un prix réduit. Que feront alors la SBM et la MIC ? Cette dernière, on le sait, agit sur ordres d’en haut. Mais qu’en sera-t-il de la SBM, qui doit impérativement améliorer ses résultats financiers ?