
Véronique Leu-Govind est repartie libre de sa première audience à l’ADSU, jeudi 6 juillet.
Par Narain Jasodanand
L’ex-junior minister Véronique Leu-Govind a enfin donné sa déposition aujourd’hui à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU). Autorisée à partir, elle devra revenir dans les prochains jours. Pour l’instant, aucune accusation d’a été retenue contre elle. On espère que la population sera tenue informée de ce qui peut l’être dans l’intérêt public.
Certes, certaines informations ne pourront être communiquées pour préserver l’intégrité de l’enquête qui peut mener au(x) commanditaire(s). Cependant, si tous les protagonistes locaux ont été identifiés, il serait difficilement justifiable que l’on ne nous informe pas de l’implication réelle ou pas d’une élue de la majorité dans une affaire de narcotrafic que le gouvernement veut combattre.
Véronique Leu-Govind (VLG) devra au moins dire pourquoi elle s’est rendue à plusieurs reprises – trois ou cinq fois, peu importe ‒ à l’île de La Réunion en utilisant le VIP Lounge et en voyageant aux frais de l’État. Les quatre voyages officiels de VLG, dont un en Inde, ont coûté
Rs 606 000 en tout, et pour La Réunion seule, Rs 442 000. Rien que pour cela, le peuple a le droit de savoir si au moins ces Rs 442 000 ont été dépensées à bon escient et surtout si elles n’ont pas été utilisées pour des démarches illégales.
Il faut savoir que pour deux des visites officielles de VLG à La Réunion, l’État n’a payé ni le billet, ni l’hébergement ni le taxi. Est-ce parce que c’est l’organisateur de l’événement qui s’en est chargé ? Ou alors ce sont ses connaissances réunionnaises qui l’ont transportée et hébergée ? Qui sont ces braves Réunionnais ?
Rs 240 000 pour cinq jours
Ce qui surprend c’est que pour un déplacement vers l’île sœur en juin 2025, le per diem de VLG se monte à ‒ tenez-vous bien –
Rs 240 212 pour cinq jours, soit Rs 40 000 par jour ! Bien sûr, d’autres élus ont bénéficié de telles largesses, mais ils se rendaient en Suisse ou aux États-Unis.
Ce qui étonne encore plus, c’est que pour son deuxième déplacement officiel de trois jours en décembre 2025, toujours vers l’île sœur, VLG a obtenu Rs 16 200 de per diem, soit Rs 5 400 par jour. Et il n’y a pas eu d’autres frais de logement ni de transport. Pour son troisième voyage officiel à La Réunion, elle a obtenu Rs 168 949 pour quatre jours, soit Rs 42 700 par jour. L’inflation est-elle si fluctuante chez nos voisins ?
VLG adore La Réunion
Joe Lesjongard parle, lui, de sept déplacements de VLG à La Réunion. Donc, il y aurait eu quatre autres voyages de l’ex-junior minister à l’île sœur à titre privé. On aimerait bien savoir si les trois visites officielles le sont vraiment et pourquoi VLG aime tant La Réunion. Cela, alors que la plupart de ses collègues députés et junior ministers préfèrent assister à des conférences ou autres activités – il y en a toujours – qui sont organisées en Europe ou dans d’autres grandes métropoles.
S’il est vrai que VLG a fait quatre autres sauts à l’île sœur, on aimerait bien savoir ce qui l’y attire. Le Piton de la Fournaise, le Cirque de Mafate ? Ou des liens familiaux ou d’amitié ? Si c’est cela, il sera compliqué pour le ministre Mahen Gondeea de justifier les déplacements officiels de son junior minister à La Réunion. Et surtout les per diem aussi variables que le prix de la pomme d’amour.
Du fait que Gulshan Govind ait accompagné sa femme à plusieurs reprises à La Réunion, il sera difficile pour VLG de faire croire qu’elle n’était pas au courant de ce qui se tramait, si jamais son mari était réellement impliqué dans la tentative d’importer du zamal.
Rouler au volant
Ajouté à ces voyages, le SUV de VLG, d’une valeur d’environ 2,8 millions de roupies, acheté supposément cash, est en soi suspect.
Et les traces de drogue retrouvées dans le véhicule ? Même si VLG n’avait rien vu, n’avait-elle rien senti ? Si elle n’était que consommatrice de gandia, ce serait moins grave pour elle. Toutefois, une junior minister qui roule un pétard pour une petite fumette au volant, ce ne serait pas sérieux, vu le nombre d’accidents sur nos routes.
Quoi qu’il en soit, si la police décide d’inculper, même provisoirement, VLG d’un délit lié à la drogue, démissionnera-t-elle ? On le saura bientôt.