C’est un Rajesh Bhagwan survolté que l’on a vu et entendu lors la conférence de presse du 20 mars. Il a paru avoir déjà pris le contrôle du groupe dissident du MMM et même s’ils étaient quinze à être présents, et cinq à prendre la parole, c’est Rajesh Bhagwan qui a monopolisé les discours et les réponses aux questions des journalistes. C’était presqu’un désordre tant Rajesh Bhagwan intervenait en coupant souvent la parole aux autres.
On pouvait lire sur le visage de Reza Uteem et même d’Ajay Gunness de l’embarras et une sorte de lassitude. Ils devaient se dire qu’au moins sous Paul Bérenger, chacun avait le droit à la parole …
Rajesh Bhagwan parlait beaucoup, vite et ne terminait parfois pas ses phrases. Il était incompréhensible quelques fois, comme il l’avait été lors de la conférence de presse du 18 mars.
L’alibi
L’argument de Bhagwan se résumait en un mot : militants. Les militants sont devenus dans sa bouche cette masse informe qui pourrait être des élus, des agents, des membres du Comité central, du Bureau Politique, de l’Assemblée des Délégués ou ceux qui votent pour le MMM (Voir Tribune de Thomas Crook sur Scoop.mu.)
Ce mélange des genres a servi à Bhagwan à justifier tantôt la décision du Comité Central et des élus de rester dans le gouvernement, tantôt à dire que les agents ou proches des élus méritent des promotions, des jobs, des nominations, des contrats.
Nita Deerpalsing a repris la phrase de Bhagwan, où celui-ci parlait de la nécessité de récompenser ces militants, en se demandant si la FCC ou l’Equal Opportunity Commission ne devrait pas s’y intéresser.
Bhagwan a aussi utilisé l’argument de la souffrance des militants pendant 20 ans dans l’opposition, face, par exemple, à l’ex-Speaker Phokeer. Une souffrance que de percevoir un salaire de député au lieu de celui de ministre ?
Rajesh Bhagwan s’est contredit parfois : il a parlé de servir ces militants et en même temps le pays, deux notions irréconciliables, cela, pour justifier le maintien de son groupe au gouvernement.
Lorsque Ajay Gunness défendra le Gang des Cinq, Bhagwan jugera bon de commenter mais en contredisant Gunness. Il reconnaitra que des problèmes, « issues », existent mais qu’en un an de pouvoir, il est difficile de les résoudre ! Si l’on comprend bien Bhagwan, pour régler le problème des magouilles de la Bande des Cinq qui ont commencé en novembre 2024, il faudra attendre 2029 ?
En revanche, lorsque le même Ajay Gunness annoncera que le comité central se réunira pour décider si la bande des seize doivent rester ou quitter le gouvernement, Rajesh Bhagwan n’a rien dit. A-t-il réalisé que Gunness venait de commettre une gaffe ? Car pourquoi demander l’approbation du comité central alors que la bande des seize a déjà annoncé sa décision ?
Les leçons de Reza Uteem
S’il y a un sujet sur le lequel le ‘bulldozer’ n’est pas intervenu intempestivement, c’est l’économie. Trop technique pour lui ? Cependant, il a commenté quand même mais pour dire que la nomination d’un ministre des finances relève des prérogatives du seul PM. Il répètera d’ailleurs à plusieurs reprises tout le bien qu’il pense de Navin Ramgoolam. A-t-il déjà changé d’allégeance ?
Pour Reza Uteem, Paul Bérenger aurait dû rester au gouvernement, pour « mette la tête ensam » pour aider à faire face aux défis économiques du moment. Or, Paul Bérenger a justement quitté le gouvernement en raison, entre autres, de ce qui n’a pas été fait par Ramgoolam en prévision des problèmes économiques et surtout de la possibilité que des instances financières internationales nous dégradent.
De plus, Bérenger avait déclaré que Ramgoolam ne voulait pas d’un comité interministériel dans le cadre du prochain budget, « pou mette la tête ensam, comme ce fut le cas pour le budget 2025-2026. »
Comme quoi, même le normalement digne et sobre Reza Uteem s’est laissé emporter par l’agitation du bulldozer !
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