Chetan Baboolall n’a obtenu aucune des réponses recherchées lors de sa première PNQ, mardi 1er septembre.

Par Narain Jasodanand

Pour sa première Private Notice Question (PNQ), Chetan Baboolall avait l’embarras du choix, tellement il y a de scandales. Il a choisi de cibler Anil Bachoo à propos de son opération à l’hôpital A. G. Jeetoo. Puisque l’affaire concernait le ministre de la Santé lui-même, c’est au Premier ministre que la question a été adressée.

Dans sa réponse, Navin Ramgoolam a informé la Chambre qu’il n’est pas interdit « en principe » pour un médecin du privé, mauricien ou étranger, d’être présent durant une chirurgie. Mais à condition que le médecin traitant de l’hôpital donne son accord, accord qui doit être validé par le directeur général de la Santé, Ashwamedsing Dinassing, qui est un médecin, ou le Senior Chief Executive, Parmanand Mawah, qui n’est qu’Acting Senior Chief Executive et ne serait pas médecin. Dans ce cas précis, qui a donné l’aval, le Dr Dinassing ou P. Mawah ? Ramgoolam ne l’a pas dit.

Il y a eu en fait deux médecins du privé au chevet de Bachoo, les Drs Mohammad Raza Aboobakar et Pravish Rai Sookha. Ce dernier, a dit Ramgoolam, pratique la keyhole surgery, c’est-à-dire, la chirurgie mini-invasive. Il semble que ce genre d’intervention sophistiquée ne soit pas pratiquée par les toubibs de nos hôpitaux. Les Drs Aboobakar et Sookha avaient-ils besoin d’équipements spéciaux qui ne sont pas disponibles ? On ne le sait.

Médecins privés étrangers, pas mauriciens

Ramgoolam a ajouté que cette pratique a eu lieu à plusieurs reprises : « 60 specialised medical teams, comprising about 100 foreign private medical practitioners, have visited Mauritius » durant les 18 derniers mois. Il a énuméré une liste de médecins étrangers, ou d’origine mauricienne mais établis à l’étranger, qui ont pratiqué des chirurgies complexes. Mais il n’a pas cité un seul médecin ou spécialiste mauricien, à part ceux de Bachoo.

Chetan Baboolall qui, semble-t-il, voulait savoir si une intervention chirurgicale avait été pratiquée dans la salle d’opération d’un hôpital par un médecin mauricien, a malheureusement ajouté une deuxième question : le patient mauricien lambda pourra-t-il se faire opérer par un médecin privé ?

Habile, Ramgoolam a répondu à la dernière question : oui, à condition que toutes les procédures soient suivies. Mais il n’a pas répondu à la première. Et le leader de l’opposition n’est pas revenu dessus non plus.

À une autre question de Baboolall, Ramgoolam a expliqué qu’en fait, le médecin personnel de Bachoo était venu pour assister à l’opération chirurgicale mais ce n’est qu’après qu’il a décidé d’opérer lui-même. Et les équipements ?

Une anesthésie à forte dose

Lorsque le nouveau leader de l’opposition a demandé au PM si Anil Bachoo avait induit la population en erreur en avançant que le Dr Sookha n’était qu’observateur, la réponse de Ramgoolam a déclenché des applaudissements : « Il était probablement sous l’effet de l’anesthésie et n’était pas conscient de ce qui se passait. »

Si Bachoo était sous l’effet de l’anesthésie et ne savait pas qui l’opérait, ne l’a-t-il pas appris avant d’écrire son post sur Facebook ? Ou était-il toujours sous l’effet grisant de l’anesthésie lorsqu’il l’a écrit ? Malheureusement, Baboolall n’a pas eu la présence d’esprit d’exiger ces précisions.

Finalement, Baboolall, qui voulait savoir si la présence des médecins personnels de Bachoo avait été officiellement enregistrée et si les registres seraient déposés à l’Assemblée nationale, n’obtiendra ni ces réponses ni les documents. Il n’a pas non plus obtenu l’ouverture d’une enquête.

Nous ne savons pas davantage s’il y a eu des cas semblables à celui de Bachoo, où un médecin mauricien exerçant dans le privé est intervenu dans une salle d’opération d’un hôpital public.

Espérons que Baboolall fera mieux la prochaine fois…