The right persons in the right place?

Par Doris Félix

Le tourisme et le sport sacrifiés sur l’autel de la politique…

Les chiffres d’abord.

Le tourisme à Maurice, c’est 1,3 million d’arrivées visées en 2026. C’est plus de Rs 80 milliards de recettes. C’est un emploi sur quatre dans le pays.

Bref. C’est le poumon du pays.

Alors on fait quoi ? On révoque Sydney Pierre, un pro du secteur.

Pourquoi ? Il a voté NON à la réforme des pensions.

Le profil de Sydney Pierre : diplômé de l’ESSEC Business School. L’ESSEC : top 3 en Europe, l’école qui forme les patrons du CAC40 et du luxe mondial. Haut cadre chez Marriott International. Ancien dirigeant de la MTPA. Trop surqualifié pour finir junior minister. Un homme du métier. Un vrai.

Trois jours après, le Premier ministre son remplaçant.

Une parfaite inconnue dans le secteur, zéro expérience dans l’hôtellerie, dans le tourisme.

Une claque retentissante ! On remplace un professionnel par une parachutée au ministère le plus stratégique du pays.

Est-ce que ce ne sera pas une catastrophe ?

Et ce n’est pas tout.

Au ministère des Sports et de la Jeunesse : même scénario.

On retire Karen Foo Kune-Bacha, ancienne championne, des années d’expérience. Elle connaissait le terrain, les fédérations, les athlètes.

Et on nomme Tony Apollon comme junior minister. Sans aucune expérience dans le monde sportif.

Encore un parachutage.

Transfert encore moins compréhensible de Karen Foo Kune à l’Environnement, en remplacement d’une Joanna Bérenger, acharnée du sujet.

Et le sport alors ?

Le sport, ce n’est pas juste des médailles, c’est l’espoir de notre jeunesse, c’est ce qui sort les jeunes de la rue.

C’est ce qui les éloigne des drogues, de la délinquance, du désespoir.

C’est des infrastructures, des centres, des éducateurs, des rêves.

Et on confie ça à quelqu’un qui ne connaît rien au secteur ?

Tout comme en 2024, on avait déjà nommé un ministre sans aucune expérience, alors que Franco Quirin, lui, est resté dans les starting blocks, malgré des années d’expertise dans le domaine !

On joue avec l’avenir de nos enfants.

Où va le pays, quand la compétence fait peur, quand l’expérience dérange, quand on préfère la loyauté politique au mérite ?

Quand un « aye » suffit pour décrocher un siège de junior minister ! Et ça, ça se paie cher. C’est une question de conscience.

On nomme, on fait taire. Un ministre délégué ne questionne pas. Il applaudit.

Le tourisme et le sport ne sont pas des jouets. Ce sont des secteurs qui font vivre des milliers de familles, qui décident de l’avenir du pays.

Aujourd’hui on joue.

Demain on pleurera.

Hier, on parlait de grandeur. Aujourd’hui de décadence.

La drogue détruit des familles. Des jeunes sont perdus. Des quartiers ont peur. C’est l’ennemi n°1 du pays.

Justement, arrestation vendredi de Gulshan Govind, accusé dans une affaire présumée de trafic de cannabis. Quelques plantes. Des produits. Chez lui.

Lundi : suspension de Véronique Leu-Govind, junior minister au ministère des Arts et de la Culture. Mise à l’écart par le PM « en attendant l’enquête ».

Et le train de vie ? Une GWM Tank 300. Près de Rs 3 millions. Un véhicule de luxe. Consommation maximale. Une dépense que peu de gens peuvent se permettre.

La ministre déléguée suspendue ne s’est-elle rendu compte de rien ?

On ne demande pas un miracle.

On demande de la cohérence.

Quand on siège au Parlement, on est censé connaître la loi et sa circonscription…

Un citoyen normal, on lui demande des comptes.

Une élue, on lui demande l’exemplarité.

Ici, on ne s’en prend pas à une femme. On ne s’acharne pas sur « la femme de… »

On questionne : comment ne pas avoir vu ce qui se passe chez soi ?

Hier on parlait de grandeur.

Aujourd’hui on parle de deux poids, deux mesures.

La suspension c’est un début.

Mais le peuple regarde.

Et le peuple se souvient.