Roshan Jhummun est dorénavant dans le viseur de la Speaker.

 

Par Narain Jasodanand

« Mo travay pou mo pei »

Après la démission des Bérenger et de Chetan Baboolall du MMM, plusieurs membres et ex-membres du parti mauve ont réagi dignement en exprimant leur regret : « Nou pa ti bizin ariv la », « Li pa fer plezir ditou », « c’est bien qu’il y ait une clarification », ou alors « c’est un aboutissement logique ». En revanche, réaction complètement à côté de la plaque de Jyoti Jeetun : « Mo travay pou mo pei » Quel rapport avec les démissions ? Et à quel pays faisait-elle allusion, Maurice ou le Royaume-Uni ? Quoi qu’il en soit, il semble que la ministre ait bien appris les leçons de sa boîte de com’, mais qu’elle les ait récitées hors contexte.

Jhummun, le turbulent

Mardi, la Speaker a installé les Bérenger et Baboolall juste derrière le leader de l’opposition. Elle a profité de l’occasion pour placer Roshan Jhummun à la place précédemment occupée par Chetan Baboolall pour, a-t-elle expliqué, qu’elle puisse voir Jhummun lorsque Joe Lesjongard s’adresse à la Chambre. Même si la Speaker ne l’a pas dit, tout le monde a compris qu’elle veut pouvoir surveiller ce député qui fait souvent des remarques « from a sitting position » en se cachant derrière Lesjongard. S’il ne se montre pas sage à l’avenir, il ira au coin.

Pas si junior que ça ?

La Speaker a aussi mis de l’ordre chez les junior ministers. Elle a décidé de les placer l’un à côté de l’autre, y compris, a-t-elle précisé, Dhaneshwar Damry. Mais pourquoi Damry était-il assis loin de ses confrères ? Se sentait-il déjà ministre ? Il était absent de l’hémicycle mardi, on ne sait pourquoi. Il faudra attendre mardi prochain pour voir la tête qu’il fera et s’il gardera toujours son sourire proverbial.

C’est assez, dit la Speaker

Mardi dernier, Joanna Bérenger voulait s’enquérir auprès du ministre Richard Duval pourquoi l’ONG Marine Megafauna Conservation Organization n’avait pas été consultée concernant les nouveaux règlements envisagés pour protéger les cétacées des visiteurs qui les approchent de trop près. Comme à l’accoutumée, à l’heure de questions supplémentaires, le ministre du Tourisme a eu du mal à répondre et s’est mis à réciter une réponse sans doute préparée pour une autre question : « Yes, several meetings, of which you are very aware of. The big concern, I must say, about these regulations is: who is going to take care, to take lead? No one knows… » C’est la Speaker elle-même qui a dû intervenir : « Minister! Minister, may I? May I? The question was on this organisation which said that they did not receive the communication. » Si, au moins, Joanna Bérenger avait fait comme Adrien Duval, en refilant d’avance ses questions supplémentaires à Richard Duval…

To bien kot to ete la! 

Lors du discours de Navin Ramgoolam sur la nouvelle loi anti-blanchiment, un bref échange entre le Premier ministre et Adrien Duval est passé inaperçu, mais a toute son importance. Parlant d’Alvaro Sobrinho qui voulait le rencontrer, probablement avant 2014, Ramgoolam a expliqué qu’il l’avait renvoyé car le milliardaire angolais n’avait pas pris rendez-vous au préalable. Expliquant qu’il ne reçoit jamais sans rendez-vous, il a pris l’exemple d’Adrien Duval, sur le ton de la plaisanterie : « When I give appointments, if I give appointments to Mr Adrien Duval… I will see him alone. Not with somebody else! » Certains élus ont alors lancé des boutades à Adrien Duval, qui a répliqué « non, li pa’nn dir mwa! », toujours sur le ton de la plaisanterie. Et Ramgoolam de lui lancer : « To bien kot to ete la! » Une manière de faire comprendre au jeune coq qu’il n’y a plus de place pour lui dans le gouvernement après que la Bande des Quinze a décidé de demeurer avec lui ? Les prochaines questions parlementaires d’Adrien Duval nous indiqueront s’il a bien reçu le message envoyé par le PM.