Revoilà les discours politiques sur les plates-formes socioculturelles !

Le Premier ministre aux célébrations de Maha Shivratree, micro en main et deux jours de suite ? Qui l’aurait cru deux ans de cela ?  Chassez le naturel … Quand il s’agit de fête religieuse, sa voix s’est fait entendre de loin. Mais quand il faut régler les problèmes quotidiens des citoyens ? Là, le volume baisse. Il a même félicité Rajendra Ramdhean, l’ancien Président de la MSDTF, rappelant qu’il l’a toujours invité, même lorsque lui Ramgoolam était dans l’opposition. Beau geste. Belle mémoire.

Ironique tout de même. Car ce sont les mêmes qui, hier encore, dénonçaient les discours politiques pendant les fêtes religieuses. Il fallait “dépolitiser”, disaient-ils. Respecter le sacré. Séparer foi et stratégie électorale.

Avant même la fête de Maha Shivratree, Navin Ramgoolam avait déjà pris la parole deux fois à Grand Bassin.

Ici, la frontière entre foi et stratégie électorale est devenue aussi floue qu’un discours de campagne. La religion élève les âmes. La politique, elle, élève les ambitions. Et certains ont trouvé le moyen de faire communier les deux… surtout pendant les fêtes religieuses et ce, face caméra …

Discours anti-alcool au volant : embarras pour Ajay Gunness

Lors de ces discours, le Premier ministre a troqué le registre spirituel pour celui du Code de la route. Sujet grave : sécurité routière. Accident dramatique. Deux pèlerins percutés. Conducteur contrôlé positif à l’alcool et à la drogue.

Indignation officielle. Ton martial. Il faut durcir la loi, annonce le chef du gouvernement. Les conducteurs qui boivent, se droguent et prennent le volant ? Prison ferme une fois pour toute. A promis Navin Ramgoolam.

Dans l’assistance, applaudissements appuyés. Très appuyés. Sauf peut-être – mais ce n’est qu’une impression – du côté du ministre des Infrastructures publiques, Ajay Gunness, actuellement aux prises avec un procès pour conduite en état d’ivresse. Mauvais timing. Fâcheux alignement des planètes.

Et comme à Maurice la mémoire est sélective mais persistante, quelques esprits taquins rappellent qu’en matière d’alcool au volant, certains chapitres des années 70, période anglaise pour le Premier ministre, mériteraient peut-être relecture.

Shaffick Ahmad et l’appel du désert au Qatar

Air Mauritius serait toujours en négociation avec le Qatar. Jusque-là, rien d’extraordinaire : quand la compagnie nationale cherche de l’oxygène, elle regarde là où il y en a. Mais détail intéressant : l’intermédiaire entre Doha et Port-Louis ne serait autre que le conseiller de Paul Bérenger, Shaffick Ahmad.

Depuis l’arrivée du MMM au gouvernement, les allers-retours vers le Qatar semblent presque devenir une seconde ligne aérienne. On murmure qu’après Air Mauritius, il y aurait un projet énergétique, glissé sur le bureau du ministre de l’Énergie. Simple contribution intellectuelle ? Ou diplomatie parallèle version VIP ?

Pourquoi tant d’intérêt pour le Qatar, monsieur Ahmad ? À défaut de réponse officielle, les mauvaises langues, toujours très inspirées, lui ont déjà trouvé un surnom. Après le “Prince” d’Arabie version Soodhun, voici le “Prince du Qatar”. À Maurice, certains collectionnent les portefeuilles. D’autres préfèrent les émirats pour la bonne et simple raison que les qataris ont beaucoup d’argent.

Grant Thornton : fin de bail pour Satar Hajee Abdullah

Il fut un temps où le chiffre d’affaires de Grant Thornton Mauritius triplait. Une croissance spectaculaire. Presque miraculeuse.
À l’époque, dans le milieu, on glissait à voix basse : “GT ti p gagne tou travay.” Au sommet de cette prospérité, un nom : Satar Hajee Abdullah.

Or, après des années de gloire, le couperet est tombé : Grant Thornton International, depuis son QG britannique, a tout simplement révoqué la licence de sa franchise mauricienne. Exit le réseau. Rideau. Décision qui fait suite, comme nous l’avions révélé, à la visite discrète mais méthodique de plusieurs cadres internationaux venus faire un “état des lieux” dans les bureaux mauriciens. Inspection maison, après l’arrestation de l’ex-patron dans l’affaire des advisory fees de Rs 3,6 millions.

Manifestement, le diagnostic n’a pas rassuré Londres. Licence retirée. GT Mauritius ne fait plus partie de la famille. Reste une petite question, presque naïve. Si la FCC et les émissaires britanniques ont pu relever des anomalies, où étaient donc la FSC et la FRC, cette dernière étant pourtant l’unique autorité de licence de GT Mauritius ? Angle mort ? Excès de confiance ? Ou simple problème de lunettes réglementaires ?

On comprend aujourd’hui mieux certaines nominations au board de la FSC sous l’ère MSM. Chez nous, les audits arrivent parfois de l’étranger. Les silences, eux, sont bien locaux.

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