
Au Rajasthan en Inde, le sport est inclus dans le programme de réhabilitation des toxicomanes.
Par Doris Félix
Depuis le début, l’État a tout donné aux centres de réhabilitation et une partie du secteur privé a suivi le pas. Les centres ont poussé partout. Et ils fêtent ça fièrement ! 20 ans ! 30 ans ! 40 ans d’existence ! Champagne, gâteaux, discours, photos. Mais avec quel résultat ? Combien de patients réellement guéris ? Très peu. On fête des anniversaires au frais des victimes, on garde des jobs et des salaires qu’on n’aurait jamais eus si ces centres n’existaient pas. Mais on ne guérit personne.
Les travailleurs sont loin d’être qualifiés. On parle d’addiction ! Une des maladies psychologiques les plus difficiles à soigner au monde. Si quelqu’un est fou, il sera interné et soigné par un psychiatre et pas par un fou. Idem si quelqu’un a une addiction, il ne peut pas être soigné au petit bonheur par quelqu’un qui lui-même a été atteint d’addiction, un ancien drogué, ancien alcoolique, avec toutes ses faiblesses.
À Maurice, l’addiction a atteint un niveau élevé. Le jeu, l’alcool, le sexe, la drogue, les réseaux sociaux ! L’héroïne et la drogue de synthèse à Rs 50 ne manquent JAMAIS malgré toutes les saisies qu’on nous montre à la télé. Alors qui protège les VRAIS BOSS ? Ces derniers sont-ils des bailleurs de fonds ?
Définitivement, notre petite île n’a pas les ressources pour se battre seule contre ces fléaux.
On ne guérit pas le mal par le mal
On ne guérit pas une addiction par une autre addiction. Méthadone, comprimés, sirops. On déplace le problème. On rend la personne dépendante de la pharmacie au lieu du dealer. Elle reste prisonnière.
Pourquoi ? Parce que c’est une maladie psychologique AVANT d’être physique. Si on ne soigne pas la tête, le cœur, le traumatisme à l’origine de la dépendance, le corps rechutera toujours.
Les chiffres le prouvent : plus de 50 % rechutent dans le monde, jusqu’à 73 % et 90 % sans suivi psychologique. L’ONU vient de le dire : 331 millions de consommateurs de stupéfiants en 2024, un record. Une personne sur 12 seulement est en traitement.
Et demain quand et si on va légiférer le cannabis, ce sera la même chose si on fait n’importe comment. On marchera entourés de zombies incontrôlables parce que d’abord il faut guérir leur addiction. On ne peut pas ajouter une drogue légale à une tête qui n’a jamais guéri.
Alors on fait quoi ? Tournons-nous vers des pays amis et mettons en œuvre trois choses.
1. Un centre national en pleine nature, loin de tout, avec des spécialistes venant d’ailleurs
C’est le cœur du plan. Un seul. Pas vingt. Dans une vallée verte, loin de tout. Géré par l’Etat.
Qui doit soigner dans ce centre national ? Il faut deux types de spécialistes, pas un. Le psychiatre-addictologue (médecin, Bac+12, six ans après médecine) qui dirige, qui diagnostique et qui sécurise le sevrage. Et le psychologue-addictologue (Bac+5 psy + deux ans d’addictologie) qui assure la thérapie au quotidien, qui soigne le trauma et qui empêche la rechute. L’un sans l’autre ne peut pas guérir. L’ancien addict encadreur vient en troisième, comme pair-aidant, pour accompagner, jamais pour soigner à la place des médecins.
Et on arrête de faire semblant. On lance un SOS officiel. Singapour, Malaisie, Australie, Chine, pays européens, Inde, USA, tous feraient la queue pour nous aider. Leurs ambassadeurs sont là ! Nos ambassadeurs sont là-bas. Pourquoi ne pas faire des demandes officielles ? Un SOS lancé pour leur dire : on n’y arrive pas, aidez-nous.
Le gouvernement demande de l’aide pour tout, même des autoroutes ! Alors n’hésitons pas. Là, il s’agit de sauver le pays. Il suffit de le faire.
On demande des psychiatres de l’addiction, des psychologues, de vrais spécialistes qui viennent former les nôtres.
Le Portugal l’a fait : de 100 000 héroïnomanes à 25 000, VIH -90 %, mortalité la plus basse d’Europe.
2. Transparence obligatoire
Demandez officiellement aux centres d’afficher leur taux de réussite avec preuves à l’appui ! Combien d’entrés, combien de guéris à un an, deux ans, avec certificat médical. Non aux photos de fêtes. Oui aux chiffres.
3. Les ministères s’associent et les terrains abandonnés deviennent des jardins
De l’autre côté, il faut absolument que les ministères s’associent pour trouver des solutions dans ces endroits à risque. Le ministère de la Jeunesse et des Sports devrait être sur le terrain dans ces endroits affectés, tous les jours. Le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille devrait également descendre des bureaux climatisés pour se rapprocher de la population qui pleure.
Si l’Environnement et les Collectivités locales tendent la main aux autres, avec les autres, vous ne pouvez pas imaginer le bien immense que cela ferait à la société. Le gouvernement doit SERVIR le pays. TOUS ENSEMBLE.
Verdir un terrain abandonné fait chuter la dépression entre 41,5 % et 68,7 % dans les quartiers pauvres ! Pour 1 597 $ seulement. Des anciens et des jeunes qui jardinent ensemble, c’est de la prévention qui coupe le jeu, la drogue chimique, l’ennui.
J’ai perdu des êtres aimés à force d’avoir fait confiance aux centres. J’ai vu des familles faire confiance et souffrir le martyre devant la mort. Trop c’est trop.
Il est temps de demander de l’aide. Officiellement.