Le terrain de Flic-en-Flac appartenant à cette coopérative sera vendu à Rs 560 m. C’est ce que promet en tout cas Ram Goolaup, le manager, et Rajen Ramlugon, le trésorier de la Vacoas Popular Multipurpose Cooperative Society (VPMCS) dans un communiqué émis le 19 novembre. Aucun AGM n’a été organisé pour approuver cette décision de la plus haute importance.
Deux annonces sont faites : la vente déjà effectuée d’un terrain à Calodyne pour Rs 20 m « in early November 2025 » et « the land at Flic en Flac has got a buyer to the tune of 560 million MUR. »
Nom des acquéreurs ? Absent du communiqué. Mais selon nos informations, le grand terrain de Flic en Flac sera vendu à Ohana Property Developer Ltd et qui avait déjà fait une première offre pour Rs 650 m (avec paiements en plusieurs tranches) en septembre 2022.
Rs 35 m non comptabilisées
L’offre avait été rejetée à l’époque car au moins un de ses actionnaires était impliqué dans le trafic de drogue. Or, voilà Ohana qui reparait 3 ans après avec une offre de Rs 560 m mais toujours avec facilités de paiements : Rs 10 m une fois le compromis de vente signé, Rs 50 m au 30 novembre, Rs 150 m fin mars 2026, Rs 200 m en juin 2026 et Rs 115 m en juillet 2026. En fait, le montant de la vente est de Rs 560 m, incluant Rs 35 m comme intérêt. Or, aucune disposition ne semble avoir été prise pour le paiement de ces intérêts.
Ohana était en voie de contracter un emprunt auprès de la Maubank mais cette dernière n’a finalement pas accepté de la financer. Et comment va faire l’acquéreur alors ? Eh bien, par une sorte de Ponzi. En vendant le même terrain par lots aux membres de la coopérative et rembourser celle-ci au fur et à mesure ! Bien sûr, Ohana conservera sa part de bénéfices.
Vu que Ohana paiera par tranches, que la Maubank ne la financera plus et qu’un trafiquant de drogue est impliqué, les déposants se demandent pourquoi la coopérative ne vend pas elle-même le terrain par lots aux déposants intéressés et autres preneurs, cela avec l’aide d’un notaire de bonne réputation …
Silence d’Ameer Meea
Ni le chairman Krishnaduth Mussai ni le manager Ram Goolaup ne veut nous parler. Mme Beegoo du Registrar of Cooperatives Societies nous a référés à son ministère de tutelle. Le ministre Aadil Ameer Meea ne nous a pas répondu malgré plusieurs relances.
Pour rappel, Rs 600 m de prêts qui sont maintenant probablement perdues avaient été accordées entre 2007 et 2011 par la coopérative. Pas grand-chose n’a pu être récupéré jusqu’à aujourd’hui. Les poursuites contre l’ex-manager de la coop Kamla Kumari Purmessur et les principaux bénéficiaires, les frères Sewram, Soondarsun, Anirao et leur sœur Usha Ettoo, grands amateurs de voitures de luxe, trainent en longueur. Et ne rapporteront pas grand-chose. Sauf des honoraires élevés à payer aux hommes de loi de la coopérative. Une PNQ avait même été posée le 24 avril 2018 par Xavier-Luc Duval.
Ce qui intéressait certains dirigeants de la coopérative et les intéresse toujours, c’est surtout comment, combien et à qui vendre les biens de la coopérative. Presque chaque dirigeant était devenu un courtier d’un acquéreur potentiel. Comme dans un gouvernement… Ils s’étripaient entre eux, les boards se faisaient et se défaisaient à cause du terrain à vendre. Oubliées, les centaines de millions perdues dans les prêts ! Pendant ce temps, les épargnants, las de ces guéguerres se détournaient de la société.
Manager pas fit and proper ?
Les membres de VPMCS avaient ‘élu’ un nouveau conseil d’administration en 2024 avec Ram Goolaup comme secrétaire. Pourtant, ce dernier a été condamné la même année pour conflit d’intérêts alors qu’il était responsable du département HR de la SIC !
Suite aux pressions exercées, Ram Goolaup se retirera du board mais sera nommé … manager de la coopérative. Le 27 janvier 2025, le Registrar of Co-operative Societies qui tombe sous le ministère des PME et des Coopératives, écrit même officiellement à la MCB pour demander que Ram Goolaup et le président de VPMCS Kreshnaduth Mussai soient autorisés à signer chèques, actes et tout autre document officiel de la coopérative !
Les hommes de loi ont aussi joué un mauvais rôle dans la coopérative. Ainsi, le 26 février 2024, la société Aerotech Ltd avait fait un dépôt de Rs 52, 5 m, non remboursable pour l’achat dudit terrain. Peu après, elle s’est désistée et a réclamé le remboursement du dépôt. L’affaire a fini au tribunal mais les parties sont tombées d’accord pour le remboursement de Rs 20 m. L’avoué de la coopérative qui devait résister au paiement aurait poussé Mussai et Goolaup à débourser Rs 20 m en empochant Rs 2 m comme honoraires !
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