Les pesticides sont une des causes de plusieurs maladies graves dont le cancer qui affecte de plus en plus de Mauriciens. Mais cela, on ne vous le dira pas. Il y a tellement de cliniques pour « accueillir » ces malades !
Les pesticides ne polluent pas seulement les cultures vivrières mais aussi le sol, l’eau et l’atmosphère, donc directement et indirectement l’homme, les animaux et les insectes. Les plus vulnérables des insectes sont les abeilles, papillons et autres butineurs et pollinisateurs. S’ils disparaissent, nous pourrions difficilement cultiver la terre.
L’exposition à long terme, même à faible dose, aux pesticides, avec au premier plan les agriculteurs et les riverains des champs agricoles, peut provoquer aussi des troubles de la reproduction et d’infertilité, car beaucoup de ces produits chimiques sont des perturbateurs endocriniens. Ce qui pourrait expliquer en partie la baisse de la natalité à Maurice ? Mais personne n’en a cure. On n’a qu’à avoir recours à l’immigration et aux travailleurs (et consommateurs) migrants, n’est-ce pas ?
Le rapport 2025 du Pesticides Regulatory Office a permis à la population de découvrir avec horreur combien les légumes et les fruits qu’elle consomme quotidiennement sont contaminés aux pesticides.
Verre à demi plein …
Certains positivent en rappelant que si 35,25 % des échantillons analysés contenaient des résidus de pesticides dont 13,62% des résidus dans les limites autorisés, 65,39 % ne contiennent pas de pesticide !
Mais ces chiffres reflètent-ils la réalité ? 29 échantillons ont été analysés pendant le mois d’octobre 2025, dont 11 chez les planteurs, 10 du National Wholesale Market à Wooton, 7 des supermarchés, zéro d’autres revendeurs de fruits et légumes et un seul de produits importés.
Il faut savoir qu’il n’y avait en 2003 que cinq Pesticides Regulatory Officers pour faire ces analyses. Cela, alors qu’il y avait environ 2 400 agriculteurs, sans parler des importateurs. On l’avait appris lorsque Joanna Bérenger avait posé une question au ministre de l’Agro de l’époque Maneesh Gobin le 4 juillet 2023.
Plus de deux ans et demi après et 14 mois après le changement de gouvernement, qu’est-ce qui a été fait pour augmenter le nombre d’inspecteurs ? Vous allez être surpris : le nombre a diminué de cinq à trois ! Depuis quand ? Le ministère ne nous a pas répondu ni confirmé le nombre d’inspecteurs.
Maneesh Gobin annonçait ce même 4 juillet 2023 que le recrutement d’inspecteurs additionnels était en cours. Il le serait toujours, plus de deux ans après ? Arvind Boolell reste silencieux.
L’IS la plus gourmande en pesticides aussi ?
Maneesh Gobin nous apprenait également qu’entre 2018 et 2023, 300 tonnes de pesticides (insecticides et fongicides) avaient été importés chaque année pour être utilisés dans les plantations de légumes et fruits. Selon le bureau des statistiques, on a importé pour Rs 619 m en 2023 et Rs 865 m en 2024.
Ce qui est intéressant, Maneesh Gobin indiquait que 880 tonnes d’herbicides avaient été importés annuellement pour les champs de canne et probablement aussi pour la culture de légumes par l’industrie sucrière (IS). Et depuis 2024 ? Aucune information disponible.
Nous avons demandé à Jacqueline Sauzier, secrétaire de la Chambre d’Agriculture quels sont les pesticides utilisés par l’industrie sucrière et en quelle quantité et valeur par année pour la canne et autres cultures vivrières. Sa réponse ? « … nous ne collectons pas ce type d’informations de nos membres. » Informée de cette non-réponse, une écologiste se pose la question : « Mais à quoi sert cette Chambre d’Agriculture si elle ne dispose pas de ces données vitales ! »
Est-ce que c’est l’industrie sucrière qui a propulsé Maurice au 18eme rang des pays qui épandent le plus de pesticides par hectare ? On ne le sait. On nous raconte que les lièvres ont disparu des champs de canne…
Mauri Facilities donnera l’exemple
Nous avons cherché en vain à savoir le volume et le coût de pesticides utilisés par les autorités elles-mêmes, c-à-d les administrations régionales et autres Mauri Facilities. Une société privée de nettoyage employée par le gouvernement a bien voulu nous dire qu’elle utilise 600 litres d’herbicides annuellement.
Si l’on peut ‘comprendre’ et se résigner à l’usage de pesticides par les agriculteurs pour le besoin de produire et de nourrir la population, on comprend moins cet usage pour désherber les bords de routes et d’autres espaces publics.
Heureusement, Mauri Facilities aurait déjà cessé de répandre ce poison. C’est le moins que l’on puisse attendre d’une institution tombant sous le ministère de l’Environnement ! Mauri Facilities remplacerait bientôt les herbicides chimiques et très nocifs à la santé et à l’environnement par un appareil qui utilise de la vapeur brûlante pour tuer les mauvaises herbes. Le désherbeur thermique lance-flamme n’est pas envisagé pour le moment.
Si l’option désherbeur à la vapeur n’est pas retenue, nous dit-on, le ministère de l’Environnement envisage l’utilisation de pesticides bio. Ces alternatives pourraient, on le souhaite, éventuellement être étendues aux municipalités, conseils régionaux et aux sociétés de nettoyage et aux agriculteurs.
On s’attend aussi à une harmonisation des lois (Food Act/Use of Pesticides Act/Dangerous Drugs act). Mais pour tout cela, il faudra que les ministres comme Arvin Boolell consacrent un peu plus de temps à notre santé qu’à l’inauguration de centres commerciaux…
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