Depuis le début de la crise entre le PM et le DPM, des avis divergents se font entendre au sein du MMM concernant un éventuel départ des mauves du gouvernement. Lundi dernier, le leader Paul Bérenger avait fait comprendre qu’il ne sera pas au parlement, tout en précisant que les élus mauves qui veulent s’y rendre « ava pren zot responsablite ».
Et hier, surprise à l’Assemblée nationale : 13 députés du MMM étaient présents, cela après avoir « slept over » les raisons avancées et les détails fournis par Paul Bérenger à ses troupes lors de la réunion du Bureau politique en ce qui concerne sa décision de démissionner en tant que Deputy Prime Minister du gouvernement.
Sur les 18 élus du MMM, seuls Joanna Bérenger, Reza Uteem, Chetan Baboolall et Veda Balamoody étaient absents. Renseignements pris, Reza Uteem et Veda Balamoody ne sont pas au pays, alors que Chetan Baboolall aurait, selon nos informations, choisi de s’aligner sur la position de son leader et de ne pas se présenter au parlement.
Selon nos recoupements, ce dernier occupera une place importante dans la haute hiérarchie du MMM une fois que les mauves quitteront le gouvernement.
Une atmosphère particulière à l’Assemblée nationale
Il faut dire que, malgré l’absence de Paul Bérenger, l’ambiance était cordiale au sein de l’hémicycle. Avant la reprise des travaux et l’arrivée de la Speaker, tous les regards étaient braqués sur les députés du MMM présents. À commencer par les élus du MMM eux-mêmes, occupés à compter le nombre de leurs camarades de parti ayant tenu à être présents au parlement.
Fait marquant lors de cette séance : le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a été la cible de Paul Bérenger lors de sa conférence de presse, était déjà là bien avant 11h30, avec dans sa main une pile de dossiers comprenant les réponses aux PNQ et PMQTs.
Souriant, Navin Ramgoolam s’est retourné sur son siège pour converser avec ses ministres, dont certains n’ont même pas encore visité son bureau presque deux ans après les élections, selon ses propres dires. Quelques mots avec son numéro 3, Shakeel Mohamed, et aussi avec le président du parti, Patrick Assirvaden
Jeux de regards et calculs politiques dans l’hémicycle
Pendant ce temps, les élus du MMM faisaient leur entrée un par un, alors que les seuls trois élus mauves qui s’asseyaient côte à côte avaient déjà pris place, soit Ravin Jagurnath, Ludovic Casernes et Ram Etwareea. Ce dernier se fera remarquer par des commentaires « from a sitting position » lors de la séance de la PNQ.
Tony Appollon, quant à lui, une fois tout le monde assis, a commencé à son tour un exercice de comptage des membres de son parti présents dans l’hémicycle. Alors que Rajesh Bhagwan devait, lui, échanger de petits billets avec son collègue ministre Adil Ameer Meea. Pour dire quoi ? On ne sait pas si cela a un lien avec le nombre de députés mauves présents.
Si certains élus du MMM affichaient un visage crispé à un certain moment, il faut dire que ceux des ministres Jyoti Jeetun et Adil Ameer Meea étaient tout sourire durant la majeure partie de la séance. Surtout après les jokes lancés par les backbenchers rouges sur la situation politique qui prévaut. Comme Eshan Juman qui a demandé au Leader de l’Opposition si c’était sa dernière PNQ, ou encore un élu rouge à un ministre du MMM : « to pe reste ou aller ? »
Le comité central au cœur de toutes les attentes
Les 13 élus du MMM qui étaient présents à l’Assemblée nationale regretteront-ils leur choix après la réunion du comité central ? On le saura cet après-midi si les membres du CC votent en faveur d’une démission du MMM du gouvernement.
Le ministre Ajay Gunness, dont le nom est cité avec insistance comme étant le premier qui va rester au sein du gouvernement, a reconnu ouvertement qu’il y a des différences d’opinions au sein du MMM sur la façon de faire de Paul Bérenger.
Réagissant à un post Facebook qui faisait mention d’une motion de blâme contre Paul Bérenger lors du comité central, le ministre Ajay Gunness a rectifié : « Paul and I may hold differing perspectives/beliefs at this time, but that does not justify the dissemination of misinformation ».
Une décision qui pourrait sceller l’avenir des mauves au gouvernement
Si certains promettent de faire entendre leur voix lors de la réunion du comité central, les autres disent carrément qu’ils s’aligneront derrière leur leader Paul Bérenger, comme ils le font toujours depuis 1982. Mais attendons le résultat du vote.
