Dans sa Private Notice Question (PNQ) du mardi 17 mars, Joe Lesjongard voulait savoir si le gouvernement avait évalué l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur notre économie mais, surtout, sur notre approvisionnement en produits pétroliers et sur la question de sécurité alimentaire.

Ce que l’on peut retenir de la réponse de Navin Ramgoolam, c’est que nous n’avons que 20 jours de réserve en moyenne de carburants. À propos de la fourniture, nous apprenons qu’il n’y a aucun plan d’urgence ni de réserve stratégique. Et face aux menaces de rupture de livraison venant du Moyen-Orient, le Premier ministre a annoncé un contrat avec l’Inde qui garantira des livraisons interrompues.

Toutefois, il reconnaît que le contrat avec l’Inde n’a pas encore été signé, contrairement à ce que l’on nous faisait croire en disant que les carburants seraient importés de la Grande péninsule pour contourner le problème de passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Cela, alors que nos réserves s’épuiseront en début d’avril et que le contrat avec OQ Trading sera prolongé pour deux mois.

Roupies mauriciennes

Navin Ramgoolam s’est aussi félicité que l’Inde acceptera d’être payée en roupies mauriciennes pour la vente de carburants, tout comme les ministres MSM l’avaient fait dans l’affaire Mercantile & Maritime Group (MMG). Il est évident que le PM ne lit pas Scoop.mu, sinon il aurait su que payer une importation en roupies mauriciennes aura quand même un impact sur notre balance des paiements.

Un fonctionnaire à la manœuvre

Lorsque le leader de l’opposition a demandé au Premier ministre si nous n’avions pas besoin d’un ministre des Finances à plein temps, surtout en cette période difficile « comme l’avait proposé Paul Bérenger », Ramgoolam a répondu que ce dont nous avons besoin, c’est quelqu’un avec de la poigne et qui ne reculera pas devant les mesures difficiles à prendre. Ce quelqu’un, c’est Navin bien sûr. Et les mesures difficiles seront pour qui, pour le Mauricien lambda ou le gros capital ? Il ne l’a pas dit.

Le même Ramgoolam « with a firm hand » avouera que le High-Level Committee mis sur pied pour gérer la crise résultant de la guerre en Iran est présidé par un fonctionnaire, le secrétaire financier, et pas par lui ! Et combien de rencontres ont eu lieu ? « A few times », a répondu vaguement le PM.

As far as I know …

À la question de savoir si la base de Diego Garcia a été utilisée par les Américains pour des frappes sur l’Iran, le PM a affirmé que le gouvernement britannique ne l’a pas autorisé. Tout en précisant « as far as I know » et « up to now ». Et si les Anglais décident de permettre aux Américains de le faire, Ramgoolam sera-t-il consulté ? On ne le sait, puisque Lesjongard n’a pas eu la présence d’esprit de le lui demander.

Sinon, nous apprenons que la Banque de Maurice vend des dollars « on the local forex market in order to ease pressure on the Mauritian rupee ». Ramgoolam ne précise pas d’où sortent ces dollars. Mais il reconnait que le dollar et l’euro se sont appréciés ‒ depuis quand, il ne l’a pas dit ‒ et que cela aura un effet négatif sur nos importations. Tout comme la hausse du coût du fret et des prix des produits importés.

Le PM s’est plaint aussi de la baisse de revenus attendue de l’Etat en raison de la guerre et également suite à la suspension du paiement de Rs 10 milliards (en fait Rs 7 milliards) du Royaume-Uni à Maurice dans le cadre du Chagos Deal.

Des jours heureux bientôt pour les Mauriciens grâce à la main de fer du secrétaire financier de Ramgoolam !

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