Par Narain Jasodanand

Ces conseillers bien estimés

Répondant à la PNQ de Joe Lesjongard, le 31 mars, Navin Ramgoolam a fait comprendre que les rémunérations des conseillers pourraient être revues à la hausse. Cela, en dépit des effets de la guerre sur notre économie. « Les conseillers du MSM gagnaient beaucoup plus », s’est justifié le Premier ministre. C’est ce que Paul Bérenger qualifierait d’opération de rattrapage du MSM par les travaillistes.

Pouvoir d’arrestation

L’un des amis du Premier ministre, parmi ceux qui lui rendent souvent visite, et dont le nom ne figurait pas sur la liste des conseillers déposée au Parlement le 31 mars, a quand même le pouvoir de « give instructions to public officers ». En effet, on apprend de l’hebdomadaire Week-End que cette personne aurait ordonné à la police de Pointe-aux-Canonniers d’arrêter l’épouse de son ami français après une banale querelle de couple. On se demande quel aurait été le sort de la dame si cet ami du PM était conseiller officiel. Quoiqu’il en soit, certains de nos gabelous semblent toujours obéir aux instructions des amis d’en haut.

« As much as they want »

À une question du leader de l’opposition, toujours le 31 mars au Parlement, qui voulait savoir si le Chief of Staff du PMO appartient au fameux Gang des Cinq, le Premier ministre a répondu que ce gang n’est que le produit de l’imagination de certains, dont Paul Bérenger, qu’il n’a cependant pas cité. Navin Ramgoolam a jugé bon d’ajouter ‒ on ne sait pourquoi ‒ que « there are people whom I know, who have come to see me in my office. It does not mean they are working for me » … En tout cas, certains sont présents à son bureau quasi-quotidiennement. Il le reconnaîtra d’ailleurs un peu plus tard en ces termes : « Yes, people can come and see me as much as they want, if I have time. » C’est pour le travail de ministre qu’il lui manque du temps.

Bérenger déballe

Mais qui était ce ministre, entre 2000 et 2005, auquel a fait référence Paul Bérenger lors de sa conférence de presse du 25 mars ? Le leader des mauves voulait démontrer que feu Sir Anerood Jugnauth n’hésitait pas à intervenir en cas de soupçon de corruption d’un ministre. Contrairement à Ramgoolam, qui réclame des preuves. Bérenger citait le cas d’un ministre de l’époque qui fut obligé par SAJ et lui-même à retourner Rs 5 millions de pot-de-vin à un businessman. Renseignement pris, il s’agit d’un ministre MSM, toujours actif en politique, qui avait réclamé cette somme pour l’octroi de permis à une agence de publicité. Si Bérenger commence à faire des déballages, parfois en rigolant, il prouve en même temps qu’il surveillait bien les corrompus. Cela, même s’il n’a pas pensé à remettre l’affaire à l’ICAC, ou à la FCC pour les récentes affaires. Ce qui fait dire à un travailliste : « Je ne savais pas que le remboursement d’un pot-de-vin blanchissait l’auteur. »

Ministre démarcheuse

Une ministre a-t-elle, en 2023, alors qu’elle était encore dans le privé, tenté de sauver un des directeurs étrangers de la Silver Bank, l’Italien Alexander Bello ? Comment ? Se voyant coincé après l’affaire Trafigura qui a affecté Silver Bank, l’Italien a contacté la fille de la future ministre qui travaillait avec lui dans la City, à Londres. C’est ainsi que fifille a contacté maman qui a fait envoyer une lettre avec l’en-tête de son employeur à la Banque de Maurice pour offrir de racheter Silver Bank et ses énormes dettes. Heureusement, l’employeur a découvert que la future ministre allait mettre la compagnie dans un sale pétrin et aucune suite n’a été donnée à la démarche de rachat. C’est pour dire que la ministre était déjà connue comme une mauvaise gestionnaire. Et qu’elle connait bien Silver Bank. Sa réaction sera scrutée ce mardi lors des questions de Raviraj Beechook et de Joanna Bérenger sur cette banque.

Et Banyan Tree Bank ?

Kaviraj Beechook veut aussi savoir comment une licence bancaire a été accordée à la Silver Bank. Ce qui est nécessaire. Cependant, il serait intéressant aussi de savoir comment une licence avait été octroyée à l’ancêtre de Silver Bank, feue Banyan Tree Bank, en 2013. D’autant que les soucis de Silver Bank ont commencé avec la reprise de Banyan Tree Bank et des dettes toxiques de Rs 2,5 milliards.