Le poste de ministre des Finances est devenu secondaire, la Bande des Cinq fréquentable. Bérenger veut maintenant juste la réforme électorale et la NCA

Qu’est-ce qui s’est passé cette semaine de si « fructueux », comme l’a dit hier (17/1) Paul Bérenger lors de sa conférence de presse, pour que le Leader mauve décide de rester au gouvernement ?

Le poste de ministre des finances que Paul Bérenger voulait absolument qu’il soit confié à un ministre à plein temps ? lui a demandé un journaliste. « Je n’y tenais pas, c’est secondaire » a répondu le leader du MMM. Cela, même s’il pense toujours que ce ministère a besoin d’un ministre à plein temps. Tout comme Ramgoolam qui lui a avoué la même chose !

Pourquoi alors Ramgoolam ne veut-il pas céder ce poste, ni au DPM ni à quelqu’un d’autre ? « Pour le moment », soulignera Bérenger. Le PM le fera-t-il après et si oui à qui ? Quouqu’il en soit, s’il y a remaniement, prévient Paul Bérenger, « il faudra nous consulter. » C’est-à-dire le MMM.

Nouvelles priorités

Après avoir évacuer la question des Finances, Bérenger a fait comprendre qu’il tient désormais à la réforme électorale et à la mise sur pied de la National Crimes Agency (NCA). Ramgoolam lui a promis, a-t-il précisé, que ces projets de loi seront présentés dès la reprise de travaux parlementaires le 17 mars. Et ce serait ces promesses qui auraient décidé Bérenger à « recommander » au Comité Central du MMM de rester au gouvernement.

Petit détail : Navin Ramgoolam et Gavin Glover s’étaient déjà engagés pour la NCA, tout au moins. Hésiteraient-ils maintenant ou y avait-il des détails qui divisaient le MMM et le PTr comme le choix du directeur de cette nouvelle institution et qui ont été réglés ? Peut-être.

Toujours concernant ces deux projets de loi, Paul Bérenger a jugé bon de déclarer : « Même si nous les obtenons, nous ne quitterons pas le gouvernement. » Pensait-il à la réforme électorale notamment qui permettrait au MMM d’obtenir plus de sièges et qui le rendrait plus fort pour négocier avec un partenaire lors des prochaines élections ? Possible. Toutefois, comme le rappelle souvent Jean-Claude de l’Estrac, il faut parfois comprendre le contraire de ce que dit Paul Bérenger : une promesse de rester au gouvernement pourrait signifier un départ après l’obtention de la réforme électorale.

La bande qui est devenue fréquentable

Et la Bande des Cinq ? lui a demandé une journaliste. Paul Bérenger a relativisé le problème en rejetant toute comparaison de ce « gang », qu’il avait pourtant jugé très nocif au gouvernement, avec la Kwizinn du MSM. Car selon lui « la kwizinn (du MSM) avait remplacé l’Hôtel du gouvernement. Et c’est la cuisinière qui dirigeait le pays. Il n’y avait même pas de cuisinier. » Alors que tel n’est pas le cas avec la Bande des Cinq. Et le cuisinier qui déciderait à la place du PMO ?

Bérenger n’a pas parlé de l’Economic Development Board. Pourtant, il y avait de la corruption, avait-il affirmé lors de sa conférence de presse du 12 janvier. Il est vrai qu’aucun journaliste n’a pensé à aborder le sujet.

Au final, on peut se demander si Bérenger a avalé les couleuvres du ministère des finances, de la Bande des Cinq et de l’EDB en se contentant de la promesse d’une réforme électorale et d’une NCA. Ou y a-t-il eu d’autres sujets abordés avec Ramgoolam dont il n’a pas parlé en public ? On le saura assez vite.

 

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