
Jyoti Jeetun, en réflexion, veut consulter les Management Companies… après la hausse des tarifs sur l’offshore.
Par Narain Jasodanand
Annoncée par la Financial Services Commission (FSC) le 26 juin, l’augmentation spectaculaire des divers frais frappant notre secteur offshore a déjà commencé à faire réfléchir certains clients de nos Management Companies (MC). Plusieurs d’entre elles envisagent même de se relocaliser vers d’autres juridictions moins coûteuses.
Leur principale motivation n’est pas de maintenir leur marge mais de retenir leurs clients. Parmi les pays auxquels elles pensent se trouvent les Emirats Arabes Unis, Dubaï en particulier, mais surtout les Seychelles. « C’est tout près de Maurice, l’on peut s’y rendre facilement. Et en revenir pour visiter la famille », confie un directeur de compagnie offshore. « De plus, aux Seychelles, on ne se sent pas dépaysé. On parle les mêmes langues et on partage presque la même culture. »
Et voilà qu’une firme seychelloise, Abacus (Seychelles) Limited, fait des appels du pied aux clients de ses confrères mauriciens pour qu’ils transfèrent leurs activités au pays des Dalons. Car Abacus a déjà eu vent des augmentations vertigineuses décidées par la FSC et s’est empressée d’en informer les clients des MC mauriciennes. Non seulement les tarifs y sont moins élevés mais, en plus, Abacus propose de ne pas réclamer de frais pour la mise sur pied de structure.
Et la ministre Ease of Doing Business ?
Que fait Jyoti Jeetun, la ministre des Services financiers ? Elle est pour le moment occupée à reprocher au Chief Executive Officer de Mauritius Finance, Faraz Rojid, d’avoir « porté l’affaire de hausse des frais de la FSC dans la presse ». Elle répondait justement à propos de cette hausse à la… presse. Faudrait savoir, Mme Jeetun…
Jyoti Jeetun assure toutefois au journal Le Défi du 8 juillet que « depuis mon premier jour, mon approche a toujours été d’être à l’écoute et de travailler en collaboration avec l’industrie et l’ensemble des stakeholders, qu’ils soient grands, moyens ou petits ». Drôle de façon d’être à l’écoute !
Elle propose maintenant des consultations avec les opérateurs du secteur et de faire des comparaisons avec les autres centres financiers. Après l’augmentation déjà actée des frais ! Tout comme l’a fait Ashok Subron pour la réforme de la pension… Acceptera-t-elle, elle-aussi, de rétropédaler ? Pas si sûr.
Car la ministre des Services financiers semble relativiser la hausse des frais de la FSC : « Le cost of doing business est un facteur parmi beaucoup d’autres qui déterminent la compétitivité d’un centre financier. » Tout cela n’augure rien de bon. Si les clients des MC se redomicilient aux Seychelles, cela fera perdre des emplois et des devises au pays. Et, à terme, des entreprises qui ont développé un savoir-faire inestimable dans le secteur.
Pour un opérateur, la ministre « semble plus préoccupée à aider Navin Ramgoolam à boucher le trou budgétaire provoqué par l’annulation du Means Test contenu dans la réforme des retraites. C’est sûrement elle qui a offert d’apporter quelques centaines de millions en ponctionnant le Global Business une deuxième fois, après 2025 ».