C’est la première fois que des détails concernant les honoraires payés à Verde Frontier Solutions Ltd pour la vente de 70 % d’actions de Eastcoast Hotel Investment Ltd (Ambre Hotel) à la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC) ont été publiés officiellement à travers une décision du juge Azam Neerooa du 13 février 2026 : Rs 120 m « in respect of professional success fees for the Ambre transaction » et Rs 82 m « in respect of professional success fees arising from a tax mandate » plus d’autres montants.
Le juge examinait et a rejeté la demande de révocation de l’ordre de gel (Criminal Attachment Order) émis en mars 2025 contre Verde Frontier Solutions Ltd, Vendi Group Ltd, Dirish Kumar et Venna Noonaram dans le cadre d’une enquête sur le blanchiment d’argent.
La somme astronomique des honoraires est la première révélation. La deuxième révélation : c’est le raisonnement du juge pour justifier le maintien du gel des avoirs bancaires des requérants. Même s’il n’avait pas, à ce stade, à entrer dans les détails des preuves et soupçons qu’entretient la FCC contre Verde, Azam Nerooa a démontré qu’il y avait assez d’éléments pour penser que ces Rs 232 m proviennent d’un crime.
Kickbacks
Ainsi, écrira le juge, le fait que le prix de la vente de l’hôtel soit passé de Rs 2,1 à Rs 2,4 milliards, que le rapport de l’évaluateur Elevante Property Services du 21 mai 2024 soit prédatée au 30 janvier 2024 et que les Noonaram aient payé Rs 50 m à Kuros Fitout Solutions Ltd pour un vague projet de villas suffit à donner raison à la FCC pour enquêter sur le véritable but de la vente de l’hôtel qui a pu, souligne le juge Neerooa, servir « as a conduit to pay other persons, a kickback or a layering step in a money laundering process.»
En d’autres mots, les honoraires sont si élevés pour justifier que la FCC essaye de savoir si des ministres ou proches du gouvernement MSM n’en ont pas bénéficié eux-aussi en forme de pot-de-vin. Cela, bien qu’il ne soit pas nécessaire, précise le juge, que le délit principal – corruption, fraude etc.- soit identifié puisqu’il s’agit ici d’accusations de blanchiment d’argent par la FCC. Une fois ces auteurs et bénéficiaires de corruption et fraude identifiés, la FCC pourrait alors procéder aux inculpations pour ces délits, autrement plus graves.
A noter que le gel inclut un montant de Rs 26 m qui se trouve dans deux comptes des Noonaram et Rs 50 m qui ont déjà été payées à Kuros Fitout. On ne sait où se trouve le reste des Rs 232 m. Cependant, il semble que la FCC, elle, le sache. Car pour justifier la demande pour que le gel de trois comptes sur quatre soit révoqué, les Noonaram ont affirmé que la FCC a pu retracer les Rs 232. Quoiqu’il en soit, le juge Neerooa a opposé un refus en arguant de la fongibilité de l’argent, c’est-à-dire qu’il est difficile de séparer l’argent propre de l’argent sale.
Deux semaines à l’ombre
Répondant à l’argument à l’effet que le gel de leurs comptes bancaires soit en tain de causer des préjudices aux dirigeants de Verde, le juge rappelle que ces derniers ont déjà le droit de faire des retraits de Rs 442 000 par mois pour subvenir à leurs besoins et pour les dépenses et salaires des employés de leur société.
Selon nos informations, les dirigeants de Verde Frontier Solutions ont été convoqués encore hier 11 mars par la FCC. Les enquêteurs, ragaillardis par le ruling du juge Neerooa du 13 février, essaieraient de découvrir les relations entre Verde, Kuros et d’autres personnes et personnalités. On apprend par la même occasion que Selven Warden, propriétaire des sociétés Kuros, a été remis en liberté hier. Cela, après avoir passé presque deux semaines en détention préventive.
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