On a eu trop d’électricité les 21 et 22 juin.

Par Narain Jasodanand

Vous ne l’avez sans doute pas remarqué, à moins qu’un de vos appareils électroménagers n’ait sauté durant le week-end des 21 et 22 juin. Et même là, peut-être avez-vous cru à un défaut dans l’appareil. En fait, le Central Electricity Board (CEB) a été confronté à un sérieux problème ce week-end-là : avec les producteurs indépendants d’énergie (IPP), il produisait plus d’électricité que le réseau n’en consommait.

Est-ce en raison de l’hiver et du temps plus frais que la normale ? Est-ce parce que les bureaux, les habitants des régions chaudes et les touristes dans les hôtels ont éteint climatiseurs et ventilateurs ? Possible.

Toujours est-il que le CEB, lui, n’aurait pas prévu de baisse de la consommation. Ce qu’il aurait dû faire et ajuster la distribution en conséquence, en réduisant la production en amont pour ne pas brûler de l’huile lourde pour rien, et, pour les IPP, du charbon. Cela nous aurait fait économiser des devises étrangères et, bien sûr, nous aurait épargné de la pollution inutile. Mais le CEB ne l’a pas fait. Pourquoi ? Vous allez être étonnés.

Ni chaud, ni froid

Le CEB savait, dès le 15 juin, qu’il y aurait une baisse de la demande pour les jours à venir. Le comble, c’est son propre département de contrôle qui l’avait averti de cette baisse imminente. Mais la direction technique n’en a manifestement pas tenu compte. Pourquoi ? On le saura, espérons-le, plus tard. À moins que ce fût carrément de l’incompétence.

Il y a eu un autre problème au CEB. En temps normal, même s’il est alerté d’une baisse de la température et de la consommation d’électricité un peu trop tard, il a les moyens de remédier à l’excédent de courant produit. Cela, en faisant ses propres générateurs et ceux des IPP en absorber l’excédent. Cela aussi, il ne l’a pas fait.

Il faut savoir que le courant distribué devait être de 66 kv. Cependant, le réseau permet une variation de 10 % en plus ou en moins, c’est-à-dire qu’il peut accepter un maximum de 72,6 kv. Or, la distribution a dépassé 74 kv les 21 et 22 juin.

Dommages et… intérêts ?

Résultat : un voltage plus élevé a été desservi, ce qui a pu causer des dommages aux appareils électroniques et surtout aux grosses machines utilisées par les usines, notamment. Mais les gros serveurs informatiques sont les plus vulnérables. Nous avons d’ailleurs appris qu’au moins le serveur d’une entreprise d’outsourcing à Ébène aurait été affecté.

Devant ce désordre, qu’a fait le CEB ? Il a tout simplement pris une mesure radicale en coupant la distribution dans certaines régions – on ne sait lesquelles, pour le moment – provoquant des délestages localisés. Cela, pour réduire la quantité d’électricité sur le réseau.

Ainsi, le CEB a coupé le courant non en raison de manque mais de surplus d’électricité ! Il a fait un peu comme la Central Water Authority qui, non contente de couper l’eau en temps de sécheresse, referme les vannes quand il y en a trop car les filtres n’arrivent pas faire face à la situation !