Le barrage de Rivière-des-Anguilles restera-t-il à l’état de croquis ?

Par Narain Jasodanand

C’est un projet vieux de 17 ans, resté à l’état de projet sous les différents gouvernements qui se sont succédé. Un ingénieur nous fait savoir que ce n’est pas en raison de problèmes de financement, mais plutôt à cause du choix du constructeur qui n’était pas l’idéal pour « négocier ». Pour rappel, le coût est estimé à environ Rs 10 milliards. De quoi faire saliver certains, en effet.

Cependant, contrairement aux projets du moment, celui-ci est fort utile. Aurons-nous notre barrage cette fois-ci ? Pas si sûr. Car ça a mal (re)commencé.

Un pre-bidding meeting avait eu lieu le 19 février 2026 entre les autorités concernées et huit entreprises étrangères préqualifiées. L’appel d’offres avait été lancé et fermé début avril. Tout allait bien jusque-là.

Or, voilà que nous apprenons que seules deux entreprises – Sinohydro Corporation Ltd et China International Water & Electric Corporation (CWE) – ont pu soumettre leur offre. Pourquoi ? Les six autres soumissionnaires n’auraient pas pu le faire pour cause de problème technique dans le système d’E-Procurement !

Ils comptent écrire au Central Procurement Board pour protester.

De Bali à l’Australie

Ce n’est pas tout. Car, en attendant, il semble qu’une rencontre secrète a eu lieu à Bali, en Indonésie, entre un haut-placé du gouvernement et Sinohydro. Cela, alors que l’appel d’offres n’a pas encore été conclu ni le marché attribué !

On a en vent aussi de billet d’avion gratuit de Bali à l’Australie.

Bien que les Chinois soient les meilleurs dans le domaine des barrages, surtout au niveau prix, des questions se posent : pourquoi seules deux entreprises chinoises ont pu télécharger leur offre ? « Que l’on choisisse Sinohydro ou CWE, nous dit une source, l’affaire est déjà entachée, premièrement avec ce problème technique d’E-Procurement et deuxièmement avec cette rencontre secrète. »

Notre interlocuteur nous rappelle quand même les problèmes que l’on a connus avec Sinohydro pour les travaux de tout-à-l’égout à Grand-Baie et avec CWE pour le barrage de Bagatelle. « Je me demande pourquoi n’avoir pas choisi une autre entreprise. N’avons-nous pas eu assez d’ennuis avec ce genre de constructeurs ? »

Tout cela n’augure rien de bon pour le projet. Ni pour le stress hydrique du sud et du sud-ouest. Vite, un projet de dessalement !