Avinash Ramtohul a, depuis, enlevé son post ambigu.

Par Doris Félix

Une belle histoire de solidarité tourne au malentendu. La Masjid E Kooba de Caroline, Bel-Air Rivière-Sèche, dans le district de Flacq, s’apprête à fêter cette année ses 50 ans d’existence. Située sur un terrain du WAQF, la mosquée voulait marquer l’événement en refaisant son parking.

Le comité exécutif, présidé par Mohamed Ally Sahajeed Bheenick, s’est d’abord tourné vers le conseil de district de Flacq avec une demande de goudronnage. Demande refusée.

Loin de se décourager, le président et les membres ont lancé un appel à la solidarité islamique. Appel entendu. Le coût total des travaux, estimé à Rs 380 000, a été entièrement pris en charge grâce à la générosité des mosquées de St-Pierre, Goodlands, Brisée-Verdière, Mesnil, Castel et Rose-Hill, ainsi que d’un fidèle qui, à lui seul, a couvert 50 % de la facture. L’entrepreneur, sensible à la cause, n’aurait facturé que le prix des fournitures.

Les travaux de resurfaçage ont été complétés à la grande satisfaction des fidèles.

Le post Facebook qui fâche

C’est alors qu’un post est venu tout gâcher. Le député de la circonscription et ministre de la Technologie de l’information, Avinash Ramtohul, a publié sur son compte Facebook des photos du parking fraîchement goudronné de la masjid.

Sans mentionner l’origine du financement, la publication a laissé croire à de nombreux internautes que les travaux avaient été réalisés grâce à l’intervention du ministre ou des autorités.

Une interprétation qui a eu des conséquences directes et lourdes pour la mosquée. « Nos sponsors nous appellent depuis. Ils nous demandent des explications. Certains vont même jusqu’à nous demander le remboursement de leurs donations, pensant que nous avons obtenu un double financement », confie un membre du comité exécutif.

Demande de rectification

Face à cette situation embarrassante, le président Bheenick et son comité ne comptent pas en rester là. Ils demandent publiquement au ministre Ramtohul de rectifier le tir. « Nous demandons respectueusement à l’honorable ministre de bien vouloir rectifier son message afin qu’il n’y ait plus de malentendus. Et nous lui demandons de bien se renseigner avant de faire des publications qui pourraient causer beaucoup d’ennuis », déclare le comité.

Pour la Masjid E Kooba, qui voulait célébrer son cinquantenaire dans la sérénité, la fête a désormais un goût amer. Le comité espère qu’une clarification rapide permettra de restaurer la confiance avec ses généreux donateurs.