
Par Doris Félix
En 2002, on nous a vendu l’Integrated Resort Scheme (IRS) :
« Ça va ramener des devises pour développer le pays. »
En 2015, le Property Development Scheme (PDS) a pris le relais :
« Encore plus d’investissement, encore plus de richesse. »
Puis il y a eu le Real Estate Scheme (RES) et tous les autres plans passant par l’Economic Development Board (EDB).
Mais où est la richesse pour le Mauricien ?
Nous dilapidons nos terres
Nos terres agricoles sont bétonnées.
Non seulement on doit tout importer pour remplir nos assiettes, mais le profil de notre île change.
La température a augmenté. Et que dire de la sécheresse depuis que la plupart de nos belles forêts ont été remplacées par des autoroutes, des centres commerciaux et d’autres infrastructures ?
Puis est arrivée la spéculation foncière.
Des étrangers arrivent avec de grosses sommes et achètent cash à 375 000 dollars.
Pendant ce temps, nos enfants ne peuvent plus acheter un terrain ni une maison. Les prix ont explosé, quadruplé en 20 ans. Parce que beaucoup achètent des villas uniquement pour les louer 4 000 euros à 6 000 euros la semaine.
L’argent rentre, fait un petit tour, puis s’en va
Les étrangers achètent, ils louent, et l’argent est soit donné à l’étranger, soit rapatrié hors de Maurice.
Qui contrôle cela ? Et la taxe ? Quel suivi ?
Les grandes chaînes hôtelières sont bien installées sur nos terres, mais les profits sont souvent versés à l’étranger.
On se rappelle qu’à l’époque, il y avait encore un contrôle sur les devises. Que l’argent circulait par valises.
Maintenant, de plus en plus d’étrangers sont employés par les hôtels. Dont beaucoup sont dirigés par des cadres étrangers.
La Banque de Maurice annonce triomphalement Rs 55,9 milliards de recettes touristiques, mais nos banques commerciales disent : « Désolé, il n’y a pas de devises. » Combien de devises repartent à l’étranger pour payer le salaire de ces employés et cadres étrangers ?
Les parents qui ont des enfants étudiants à l’étranger ne savent plus quoi faire.
La vie est devenue inabordable pour le Mauricien
À cause de l’arrivée massive d’étrangers qui vivent ici avec un pouvoir d’achat bien différent du nôtre…
Aujourd’hui, acheter du poisson frais au marché coûte Rs 800 le kilo. Le Mauricien peut à peine s’acheter du tilapia.
Manger une langouste représente la moitié d’un salaire. Il faut se contenter d’une boîte de thon de dernier grade, même s’il est bourré de mercure.
Tout est devenu « prix étranger ». Notre propre pays est devenu trop cher pour nous. Un paradis perdu pour une vie infernale.
On a vendu notre marché, nos plages, nos terres, et même nos emplois… contre des chiffres sur un tableau Excel. Pour faire joli ?