Ashok Subron et Paul Bérenger ne sont pas sur la même longueur d’onde concernant le secteur privé.

Par Narain Jasodanand

Subron et Bérenger, même combat ? Pas si sûr…

À une question du journaliste Jean-Marc Poché lui demandant, le 2 mai, ce qu’il pensait des accusations d’Ashok Subron selon lesquelles le secteur privé influence trop la politique gouvernementale, Paul Bérenger a répondu : « Subron exprime à sa manière une insatisfaction, que j’ai exprimée à ma manière… il y a les lenteurs (du gouvernement) etc. » On se rappelle le reproche au gouvernement adressé par ce même Bérenger, le 25 mars, au sujet des fameux Rs 47 milliards de supposés investissements bloqués. Subron et Bérenger sont donc tous deux critiques envers le gouvernement mais pas pour les mêmes raisons, voire pour des raisons opposées. Subron est resté au gouvernement malgré l’influence du secteur privé sur ce dernier, alors que Bérenger a quitté le gouvernement parce que ce dernier ne sert pas assez (vite) le secteur privé !

Le changement selon Ramgoolam : reprendre les mêmes

Le jeu de chaises musicales continue. Ou, plutôt, a repris, avec le retour des travaillistes au pouvoir après dix ans. Ainsi, Rajen Seetohul, qui était Managing Director de la Mauritius Housing Company avant 2015 est maintenant à la tête de Landscope ; Ravin Bholah passe du Sugar Investment Trust à la State Investment Corporation ; Rohit Ramnawaz de la SBM à la Mauritius Revenue Authority ; Manou Bheenick de la Bank of Mauritius à la SBM ; Anil Ujoodah de l’Independent Commission against Corruption à MauBank Holdings ; Lormush Bundhoo de ministre à la tête d’Airports of Mauritius Ltd ; Joy Beeharry de Mauritius Duty Free Paradise à la State Informatics Limited. Quant à Kalindee Bhanji, Dorine Fong Wen et Suresh Seebaluck, ils retournent sur la même chaise qu’ils occupaient au Prime Minister’s Office avant 2015. C’est ça le changement !

Aucun blessé, que de la pollution…

L’enquête sur la fuite d’huile lourde provenant d’un pipeline d’Engen, à Port-Louis, le 8 mai, et qui a causé la pollution de la zone portuaire et de deux rivières, est en cours. C’est ce que l’on a appris d’un communiqué du ministère de l’Environnement, qui ajoute « qu’aucun blessé n’a été rapporté ». Et les poissons, la faune et la flore marines ? Le ministère n’en dit rien. Quoi qu’il en soit, il ne sera pas difficile de situer les responsabilités et, sauf s’il y a eu malveillance, celle d’Engen est clairement en jeu. On espère que l’enquête aboutira. Pour rappel, Engen (Mauritius) a un nouveau proprio : Bhunjun Group, de la fameuse Betamax.

Travailler c’est bon, voyager c’est mieux

Les communiqués hebdomadaires du Conseil des ministres ne parlent plus des voyages ministériels. Est-ce parce qu’il n’y en a plus ou au contraire parce qu’il en a trop et que le gouvernement en a honte ? Rien que pour une ministre, en un an, elle a pris l’avion au moins six fois pour l’Angleterre, ou en passant par ce pays. Et elle était absente du pays pour au moins trois semaines pour chaque voyage. Un simple calcul démontre qu’elle n’a pas beaucoup de temps pour travailler. Est-ce ce qui explique les dossiers en souffrance à son ministère ?

Opération « vide la caisse » dans les ministères

L’histoire d’achat de voitures de luxe décidé par les hauts-fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères sans que le ministre n’en soit au courant n’est pas la seule. Après une petite enquête, Scoop.mu a appris que dans beaucoup de ministères, c’est le même schéma : on veut épuiser les fonds, parfois n’importe comment, pour ne pas rendre l’argent inutilisé au Consolidated Fund avant le prochain budget. Mais il n’y aurait pas beaucoup de ministres comme Ritish Ramful pour mettre le holà.

Exporter plus pour importer plus

Tous ces messieurs-dames, sauf Afzal Delbar, qui ont pris le micro après leur rencontre avec le Junior Minister Damry le 2 mai n’ont eu que de vagues conseils pour relancer l’économie. Parmi eux, le Dr Drishtysingh Ramdenee, secrétaire général de la Chambre de Commerce (et d’Industrie), qui a repris la même partition qu’il avait jouée en mai 2025 : il faut réindustrialiser le pays pour pouvoir exporter plus. Comme ses amis, il ne parle pas d’industries de substitution aux importations, ce par quoi on devrait commencer avant de penser à conquérir le marché international. Ramdenee a-t-il une idée de ce que l’on pourrait exporter ?