
Les troncs et grosses branches coupés ont disparu. Il ne reste que des branchages.
par Narain Jasodanand
Le samedi 8 mai, des gardiens de la prison de Beau-Bassin ont remarqué que plusieurs arbres de bois de santal, qui se trouvaient dans la cour du Barrack de la Correctional Emergency Response Team (CERT), avaient été abattus. Ils ont appris par la suite que ce seraient deux hauts-gradés et un Security Officer qui auraient scié ces bois précieux.
Qui à la prison a autorisé cet abattage ? Et puisque ces arbres se trouvent sur un terrain de l’État et que c’est une espèce protégée, l’autorisation des Bois et Forêts a-t-elle été recherchée et obtenue ? Visiblement non.
Après avoir constaté le massacre à la tronçonneuse, les gardiens ont d’abord cru que c’était un défrichage décidé pour des raisons de sécurité. D’ailleurs, c’est ce que nous laisse entendre un haut-gradé des prisons : les arbres de bois de santal ont été coupés parce que les branches barraient le champ de vision des caméras de surveillance.
Cependant, certains gardiens se demandent pourquoi avoir coupé ces arbres à hauteur de trois pieds alors qu’un simple élagage aurait suffi pour dégager la vue. Ils attirent également notre attention sur le fait que certains arbres n’ont pas été touchés même s’ils se situaient tout près d’un arbre fauché. Selon eux, ce travail bâclé s’explique par le fait que ceux qui tronçonnaient ces arbres précieux ont été surpris et interrompus dans leur besogne par l’arrivée d’un autre haut-gradé, qui leur a intimé l’ordre de cesser le carnage.
Selon une vidéo que Scoop.mu a en sa possession, les arbres ont juste été coupés et la partie inférieure du tronc laissée intacte. Le plus troublant : les troncs et grosses branches coupés ont disparu. Il ne reste que des branchages (voir photo). Où sont-ils passés ? Une récolte du bois de santal qui sera suivie par d’autres ?
À noter que si l’exportation de ce bois est interdite, son usage à Maurice pour fabriquer des parfums ou autres produits destinés à l’exportation ne l’est pas. Au moins une entreprise locale est active dans ce secteur. Et ce bois se vend et s’achète très cher.