
Maurice, terre de contraste entre des Mauriciens squatters et des étrangers pieds dans l’eau.
Par Doris Félix
L’histoire de Westley Prayde a fait couler beaucoup d’encre.
Que de sympathie et de réflexions qui nous rappellent que le Mauricien a du cœur.
Mais que souvent, dans notre monde actuel, il est emporté par cette course à la survie, car il est de plus en plus difficile de vivre paisiblement à Maurice.
Des Westley, il y en a beaucoup. Et à plusieurs niveaux de la société.
Le Mauricien n’est plus chez lui.
Bien que le Premier ministre clame et prétende que tous les Mauriciens ont les mêmes droits, vis-à-vis des étrangers, le Mauricien perd chaque jour un peu plus ses droits.
Double standard
Pour un simple renseignement, c’est un véritable parcours du combattant pour tout Mauricien, surtout quand il faut se rendre dans un bureau du gouvernement.
L’étranger, lui, a un comptoir… non, un bureau immense et luxueux, avec une pléiade d’officiers et des CEO/COO aux salaires exorbitants, pour servir des étrangers qui deviennent maîtres sur notre sol.
L’Economic Development Board (EDB), le facilitateur qui liquide nos terres. Qui fait notre patrimoine changer de mains !
EDB. Les trois lettres qui font monter la colère, la frustration et la peur des Mauriciens.
Tout y passe : les meilleures opportunités d’emploi, les terrains, les gated area villas, les appartements luxueux tant pieds dans l’eau que bâtis sur des terres précieuses, des terres agricoles converties par hectares pour être remplacées par le béton. 183 projets approuvés par l’EDB fin 2023.
Cela cause en même temps une production de plus en plus limitée de légumes, de fruits et de canne à sucre, tout en apportant un changement dramatique pour l’environnement.
Le béton n’a jamais rien apporté de bon.
Et pendant ce temps, la population est privée.
Quelques heures d’eau par jour dans nos robinets. Des délestages d’électricité chaque jour.
Alors que de l’autre côté, courts de tennis avec spot lights allumés jusqu’à fort tard et qui consomment énormément de courant, piscines individuelles qui se vident et se remplissent, villas climatisées 24 h/24.
On nous demande de se serrer la ceinture pendant qu’on déroule le tapis rouge.
Le secteur immobilier et l’argent qui fuit
Le secteur immobilier contribue à 6,6 % du Produit intérieur brut (PIB). L’investissement direct étranger (IDE) dans le résidentiel, c’est Rs 7 milliards par an en moyenne, soit 60 % du total des IDE. Record 2023 : 646 unités vendues à des étrangers pour Rs 23,8 milliards. Depuis 2005 : 5 396 unités pour Rs 156,6 milliards. Au fait, où sont ces devises ? À la banque, il n’y en a pas !
Et très souvent, à cause des failles dans les lois visant les étrangers, ils mettent leurs villas et appartements en location à des prix extrêmement élevés, et Maurice ne voit pas la couleur de cet argent payé directement à l’étranger !
Donc nous perdons nos meilleures terres et les vrais revenus restent hors du pays.
La spéculation et nos jeunes
Et parlons de la spéculation !
Quel jeune Mauricien peut aujourd’hui acheter un petit lot de terre dans l’endroit de son choix ?
Il achètera là où il trouvera quelque chose à la hauteur de sa bourse.
L’étranger, lui, choisira, car sa bourse est pleine ! En plus, avec l’aide de l’EDB, il aura droit à tout !
Qui achète ? France : 42 %, Afrique du Sud : 22 %, Royaume-Uni : 7 %. Les Mauriciens : 7,5% seulement dans ces schémas.
Les permis et les petits et gros business
Beaucoup obtiennent des permis de la Tourism Authority pour opérer leurs bateaux, alors que le Mauricien attend depuis quatre ans ce malheureux papier pour un gagne-pain.
Et que dire de ces étrangers qui ne se soutiennent qu’entre eux, faisant ainsi souffrir le Mauricien qui s’épuise de plus en plus à faire marcher son petit business.
Les sports cafés, restos, boutiques, pizzerias, les boucheries appartenant à telle ou telle communauté étrangère tueront le commerce du petit Mauricien d’à côté.
Chacun défend sa montagne. Tuant en même temps notre culture.
Nos enfants et notre identité
Dans les écoles privées aujourd’hui, l’enfant Mauricien n’a pas un seul cours d’histoire ou de géographie de son pays, et le ministère de l’Éducation accepte ça !
Ne devrait-on pas obliger ces sujets, afin que ces petits nés Mauriciens partagent avec les futurs Mauriciens ?
Introduction : mon Île ! Apprends son histoire !
Notre hospitalité vendue
Maurice a bâti son industrie touristique grâce à son sourire envers les touristes.
Aujourd’hui, la plupart des hôtels ont à leur tête des étrangers ! Pourquoi ?
Qui mieux qu’un Mauricien peut connaître l’hospitalité mauricienne ?
Les employés, souvent traumatisés, perdent eux-mêmes leur sourire et n’ont plus à partager.
Dans le secteur privé aussi, nos enfants doivent céder la place !
Question finale
L’EDB organise tout pour les étrangers.
À quand un bureau semblable pour le Mauricien en difficulté, en grand manque de conseils et de guide ? Le petit Mauricien !
Reçu avec une tasse de café fumant et la patience d’un ange.
Un Board pour nous.
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REMERCIEMENT DU CŒUR
Merci à tous ceux qui ont eu un mot pour Westley.
Merci pour votre dignité, votre présence, votre voix.
Vous avez prouvé que le Mauricien a encore du cœur.