Lorsque l’Economic Development Board (EDB) a été créé en 2018, l’opposition d’alors se plaignait que le MSM ait privatisé une partie du gouvernement. Elle prédisait des problèmes d’opacité, de gouvernance et de corruption. Et de potentiels conflits d’intérêts avec la nomination de représentants du privé au sein du board.

C’est ce qui semble être le cas d’un nouveau membre du board d’EDB. Il est accusé de conflit d’intérêts et de vouloir défendre à tout prix le dossier de certains promoteurs immobiliers qui sont ses clients. Et l’un d’eux, MJ Développement, se trouve être, de plus, le promoteur d’un projet de conversion de l’hôtel Maradiva en villas et appartements individuels sous l’Invest Hotel Scheme (voir Scoop.mu du 28 mai 2025).

On ne sait pas si ce membre du board s’est occupé de ces dossiers ou s’il a « juste » rapporté leur blocage depuis plusieurs mois à l’EDB. Car, oui, ce membre du board s’en serait plaint auprès de Navin Ramgoolam. Mais devant l’absence de réaction de ce dernier – comme pour le cas Bheeky ? – il s’est alors tourné vers Paul Bérenger. Et cela, à plusieurs reprises et concernant plusieurs autres demandeurs.

Selon nos informations, ce membre du board n’aurait pas donné les détails des dossiers au DPM, se contentant de déplorer le nombre de demandes en souffrance. Nous avons recherché en vain les commentaires de Paul Bérenger.

Dettes à (ne pas) rembourser

Le problème c’est qu’une fois l’autorisation de l’EDB obtenue, les villas et appartements de Maradiva allaient être revendus à des acquéreurs qui auraient déjà été trouvés. Or, en bloquant ce dossier, certains à l’EDB privent la MIC et la State Bank de remboursements même partiels de prêts accordés à Maradiva pour Rs 3,2 milliards. Le blocage serait pour des raisons politiques mais à l’encontre de la santé financière de la SBM et de la MIC. Pour rappel, Maradiva est sous liquidation.

Il existe aussi au moins deux autres dossiers qui ont été bloqués car impliquant un promoteur français controversé et un autre ‘bétonneur’ mauricien tout aussi controversé et proche lui-aussi de l’ancien régime mais qui est maintenant « sous la protection » d’un avocat du PM.

Ces affaires semblent donc être la cause d’un conflit « inutile », nous dit une source à l’EDB, entre le MMM et le PTr. Et le remplacement d’Eric Ng par Kishore Pertab à l’EDB n’a fait qu’envenimer les choses.  

Toutefois, lorsque Paul Bérenger déclarait le 12 janvier qu’il y a de la corruption à l’EDB et, si l’on a bien compris, l’implication de la Bande des Cinq, il semble qu’il ne faisait pas référence à ces blocages mais à certaines demandes à l’EDB de permis de résidence, d’acquisition et de revente de villas et autres appartements de luxe venant d’autres personnes.

Ali Baba et les millions

Selon nos renseignements, il semble qu’au moins un membre de cette bande aurait profité des retards de traitement des dossiers par l’EDB pour intervenir. On ne sait pas si c’était grâce à une complicité au sein de l’EDB que certaines demandes avaient été volontairement retardées comme pour Maradiva ou si c’était par suite d’un trop grand nombre de dossiers.

Toujours est-il que ce membre de la Bande des Cinq, surnommé Ali Baba, aurait alors contacté les demandeurs pour proposer de faire activer les démarches contre paiement de « frais spéciaux », en liquide et en devises étrangères de préférence.

On nous parle de devises équivalant à des millions de roupies qui auraient passé les douanes dans des valises vers Dubaï où les douaniers ne sont pas regardants non plus.

Corruption contre conflit d’intérêts

Si l’affaire de conflit d’intérêts à l’EDB est grave, celle concernant les pots-de-vin l’est tout aussi. Navin Ramgoolam y mettra-t-il bon ordre ou laissera-t-il la situation se détériorer au risque de provoquer le départ d’au moins Paul Bérenger du gouvernement ? L’affaire contient de plus un élément politique mais aussi de gros sous qui va au-delà de la politique. 

On ignore si Paul Bérenger dispose de preuves de ce qu’il a avancé le 12 janvier – il est toujours difficile d’en trouver dans ce genre de cas-. Mais s’il en a, beaucoup espèrent qu’il les mettra au grand jour s’il quitte le gouvernement. Et même s’il y reste.

Ce qui est sûr, c’est que le DPM sera suivi de près d’autant qu’il semble avoir déjà oublié l’autre affaire : Ravatomanga.

 

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