
Rencontre de dirigeants mauriciens avec le Council of Corporate Africa, chargé de l’organisation du sommet.
Par Narain Jasodanand et Jasvin Sok Appadu
Le Conseil des ministres a finalement décidé de reporter le Sommet USA-Afrique ‒ qui allait se tenir au Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC) ‒ pour cause d’Ebola. Ce report tombe bien car le sommet paraissait déjà entaché, avant qu’il ne débute, de graves irrégularités dans son organisation.
Officiellement, le sommet a été délocalisé de Mont Choisy Le Golf au SVICC en raison notamment du coût de l’installation de chapiteaux climatisés mais aussi de certaines pratiques du prestataire Salil Gokulsing. L’Etat allait dépenser environ Rs 100 millions de plus.
Le communiqué de Landscope du 5 juin, dans lequel l’entreprise affirme qu’elle n’a jamais refusé d’organiser le sommet, vient ajouter d’autres interrogations à l’affaire. Pourquoi avoir opté pour Mont Choisy Le Golf si le SVICC était disponible ou allait l’être ? On parle du désir de certains de toucher des commissions ou de sommes détournées de surfacturations. À noter qu’il avait été annoncé au début que le sommet allait se tenir à Mont Choisy.
Tapis rouge pour les Américains
Certains au gouvernement ont commencé à se demander pourquoi dépenser tous ces millions en ces temps difficiles ? On nous rappelle que les sommets organisés par d’autres pays ne sont pas aussi « flafla ». Aussi, se demandent-ils, pourquoi avoir proposé Maurice comme hôte de ce sommet ? Nous apprenons que seuls deux pays s’étaient montrés intéressés à accueillir ce sommet, organisé par le Council of Corporate Africa : Maurice et la Côte d’Ivoire.
Une source affirme que même si Navin Ramgoolam n’était pas impliqué dans ces scabreuses surfacturations et autres demandes de commission, c’est bien lui qui avait montré son enthousiasme à organiser le sommet dans un hôtel. Le PM aurait évoqué notamment la nouvelle ambassade des États-Unis à Bagatelle qui serait un centre américain pour la région et ferait passer Nairobi au deuxième plan.
Rien que pour cela ? Il faut savoir que nous ne recevons que moins d’un milliard de roupies d’investissements directs étrangers par an des États-Unis…
Pour une autre source, c’est un ministre, déjà impliqué dans une affaire qui sent mauvais, qui était en avant-plan pour organiser cette sauterie. « Après le ministre-concert, voici le ministre-chapiteau ! Maintenant que le sommet a été annulé, je conseillerais au ministre-chapiteau de suivre l’exemple de ministre-concert en envisageant la participation au sommet en mode virtuel. »