Le SVICC accueillera le sommet USA-Afrique après les coûts astronomiques réclamés par le prestataire pour un autre lieu.

Par Narain Jasodanand et Jasvin Sok Appadu

Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC), Caudan Arts Centre, Trianon Convention Centre etc. Ce ne sont pas les centres de conférences publics qui manquent. Les gouvernements successifs en voulaient tous sous le prétexte de faire de Maurice un « International Conference Hub ». En vain.

Même le grand raout qui sera organisé du 26 au 29 juillet 2026 par Maurice pour la 18e édition du Sommet d’affaires États-Unis–Afrique avait boudé nos centres de conférences pour le club privé Mont Choisy Le Golf (Mont Choisy).

Les annonces avaient été faites en grande pompe. C’est le Council of Corporate Africa (CCA), chargé de l’organisation du sommet, qui avait recommandé Mont Choisy, après que le prestataire événementiel retenu, Salil Gokulsing, le leur eut suggéré. Puis, deux mois avant l’événement, changement de programme : la conférence sera organisée au SVICC.

Pourquoi ? Ritish Ramful, dont le ministère paiera la note pour le sommet, nous explique que c’est en raison du montant trop élevé de la facture.

Marquises et commission

Combien ? Selon une source, elle allait dépasser Rs 200 millions à Mont Choisy, largement au-dessus du budget d’environ Rs 60 millions prévu.

Ce n’est pas le terrain de 16 arpents mis à disposition par Mont Choisy qui était en cause car il l’avait été à titre gracieux. Seules
Rs 10 millions allaient être réclamées pour la préparation du site.

En fait, ce sont les marquises coûtant des dizaines de millions ‒ et qui allaient inclure un système de climatisation, générateurs, moquettes, planchers, mobiliers etc. ‒ qui auraient causé l’inflation des prix. Et c’est Salil Gokulsing, le prestataire choisi, qui allait s’occuper de ses installations.

Ce n’est pas tout. Il y a eu aussi une sollicitation de commission de la part de Salil Gokulsing à Mont Choisy. Cette société nous confirme cette demande :« En janvier 2026, la DMC (NdlR, Salil Gokulsing) a écrit à Mont Choisy en indiquant intervenir en qualité d’apporteur d’affaires et en sollicitant le paiement d’une commission en contrepartie de la recommandation du site comme lieu potentiel d’accueil du sommet. »

Contacté, Salil Gokulsing nous explique que ce connector’s ou referral fee est courant dans ce genre de démarches. Tout en nous affirmant y avoir volontairement renoncé par la suite. Pourquoi ? Sa réponse : « Cette renonciation avait précisément pour objectif de contribuer à la réduction des coûts et de faciliter l’organisation du Sommet États-Unis–Afrique, qui est un événement important pour Maurice et mérite le soutien de tous. » Quel patriotisme !

Sauf que Mont Choisy nous a donné une différente version : face à la demande de Gokulsing, « Mont Choisy a répondu sans ambiguïté qu’étant donné que le CCA et le gouvernement étaient les principaux organisateurs et les seuls décideurs quant au choix du lieu, Mont Choisy exigeait des éclaircissements… Suite à la position adoptée par Mont Choisy, la DMC a retiré sa demande ».

Salil Gokulsing a aussi refusé de nous donner une idée des coûts des installations qui allaient être encourus à Mont Choisy et qu’il allait facturer au gouvernement.

Rajen Seetohul se dérobe

Le choix s’est donc reporté sur le SVICC tout simplement parce qu’il n’y avait pas besoin de marquises etc. puisque le site dispose d’un hall assez grand pour accueillir plus de 2 800 personnes.

La question qui se pose : pourquoi n’avoir pas choisi SVICC dès le départ ? Aux Affaires étrangères, on nous explique que c’est parce que Landscope, le propriétaire de SVICC, avait décliné l’offre en raison de travaux en cours. Dans la copie d’un e-mail de mai 2026 qui nous a été transmise, le Chief Executive Officer (CEO) de Landscope, Rajen Seetohul, fait état de quelques travaux qui se termineront à la mi-juillet.

Or, une source à Landscope nous informe qu’il n’y avait pas de travaux majeurs en cours, sauf du nettoyage et de l’entretien de certains équipements, et cela en mars 2026 !

Pourquoi SVICC a-t-il parlé de travaux pour ensuite accepter d’accueillir la conférence ? Sollicité, Rajen Seetohul ne nous a pas répondu.

La conférence sera donc organisée en juillet prochain au SVICC. Sauf s’il y a risque de contamination par le virus Ebola. En tout cas, encore un bon point pour Ramful, qui a fait économiser des millions au pays.