Lors de la réunion le 13 mars du sous-comité ‘Ease of Doing Business‘ du Financial Services Consultative Council, la représentante du ministère des Services Financiers a fait une drôle de proposition qui n’était pas à l’agenda au début. Elle concerne les demandes de permis de résidence par les étrangers.
Elle a expliqué, à la grande surprise des autres membres du comité, qu’il y a deux cents nouveaux appartements dont la vente a déjà été approuvée par l’EDB et qui ont déjà trouvé preneurs – étrangers bien sûr – mais pour lesquels les permis de résidence tardent à être approuvés.
Mais qu’est-ce que la vente de villas ou d’appartements a à faire avec les services financiers ? ont demandé les autres participants. Réponse hésitante : il y a beaucoup d’investisseurs dans le secteur … financier aussi qui veulent acquérir des biens immobiliers.
Après cette explication peu convaincante, les autres membres ont, bien entendu, réclamé que cet item soit enlevé de l’agenda car cela ne concerne pas les services financiers.
PMO out ?
La première question qui est venue à l’esprit des participants : pourquoi le ministère des Services Financiers s’inquiète-t-il de la vente de projets immobiliers ?
La deuxième interrogation, et la plus sérieuse : le ministère des Services Financiers voulait-il à, travers cette proposition, enlever la prérogative d’approuver les permis de résidence au Premier ministre pour la remettre à l’EDB ? Car ils en avaient entendu parler. Il est vrai qu’il y a eu une certaine lenteur au PMO. Mais de là à lui retirer cette prérogative …
La réponse de Navin Ramgoolam à la démarche du ministère des Services Financiers est attendue. Et elle promet de faire mal.
L’autre question que l’on est en droit de se poser : est-ce que c’est à ces lenteurs que Paul Bérenger se référait hier 25 mars lors de sa conférence de presse lorsqu’il a parlé d’investissements de Rs 47 milliards en souffrance ? Il semble que oui puisqu’il a souligné que ces Rs 47 milliards concernent « surtout l’immobilier. »
Lenteur salutaire
En tout cas, on peut dire que ce genre de lenteur, volontaire ou pas, de Navin Ramgoolam a du bon en rendant difficile la conversion de nos terres agricoles et la vente de notre patrimoine foncier aux étrangers. Sauf si cette lenteur profite à ceux qui « passe par derriere pou débloquer », comme l’affirme Paul Bérenger qui a rappelé que l’EDB avait proposé en vain la mise sur pied d’un comité pour débloquer ces investissements.
Mais qui, aux Services Financiers, est derrière cette tentative de court-circuiter le PMO ? Certains membres du comité ‘Ease of Doing Business‘ ont leur petite idée : « nous savons que cette personne est très proche du secteur immobilier dans lequel elle était directement impliquée avant 2025. » Les promoteurs seraient-ils passés par le ministère des Services Financiers pour se faire entendre ?
Le mystère Paul Bérenger
Quoiqu’il en soit, il semble qu’ils soient au moins deux – au ministère des Services Financiers et Paul Bérenger – à se battre pour défendre les promoteurs immobiliers. Ou alors Bérenger ne faisait qu’exiger que les procédures en général soient respectées et surtout qu’il n’y ait pas de corruption, de « passe par derrière » ?
Au milieu, il y a Sachin Mohabeer, le responsable du pôle immobilier à l’EDB. Il avait été nommé par le MSM mais son dévouement pour les promoteurs n’aurait pas changé avec le changement de régime. Ni l’estime de Paul Bérenger pour lui. Au contraire, le leader du MMM l’a hier défendu tout en demandant que le board de l’EDB le vire ou le garde mais de ne pas lui donner des contrats de six mois.
Ultime interrogation : et si la mésentente entre les travaillistes/Bande des Quinze et Bérenger n’était qu’une bataille non pour servir les militants ou les Mauriciens mais pour le gros capital ? Sauf qu’en démissionnant du gouvernement, Paul Bérenger démontre qu’il se fiche de servir ces intérêts privés. A moins qu’il ne veuille plus être un DPM impuissant ?
Difficile, difficile de deviner les vraies intentions du leader mauve !
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