Services de santé : Anil Bachoo interpelle la NLTAen direct

C’était le 8 janvier au Centre National de Cancérologie (NCC). Le ministre de la Santé Anil Bachoo avait encore fait une descente des lieux inattendue pour vérifier la qualité des services mais aussi pour rencontrer les patients.

Des journalistes avaient été avertis de cette visite surprise, a expliqué le ministre, pour que le public soit informé de la réactivité du ministère à la suite de plaintes reçues sur la nouvelle hotline 146.

Pour réactif, on peut dire que le ministre l’a été ! Ainsi, après avoir écouté une patiente se plaindre des problèmes de transport pour se rendre à la NCC, Anil Bachoo a provoqué une autre surprise en prenant son téléphone pour appeler la National Land Transport Authority.

On a pu entendre le ministre, qui parlait à haute voix, demander à son interlocuteur, un certain Raouf, de lui communiquer le nom de la compagnie de transport qui dessert (mal) cette ligne et « nou pou fou zot dehors. » Il a poursuivi en exigeant que Raouf trouve une autre compagnie en remplacement.

« Zot pou couyonne toi ! »

Le plus étonnant, Anil Bachoo conseillera même au pauvre Raouf de ne pas écouter ses officiers « ki pou couyone twa. »

Était-ce du cinéma, une opération de com’ ou une sincère démarche de la part du ministre de régler non seulement le problème de soins mais même celui du transport desservant l’hôpital ? On ne le sait.

Les syndicats n’ont pas réagi après que Bachoo ait traité certains fonctionnaires de « couilloneurs. » On se rappelle que plusieurs ministres justifient sans arrêt le manque de résultats par des résistances et des sabotages, comme l’a dit Navin Ramgoolam lui-même le 1er janvier.

« Si certains fonctionnaires s’amusent vraiment à ‘couillonner’ des ministres » s’indigne un haut-cadre d’un ministère, « que le gouvernement ordonne des enquêtes au lieu de renvoyer sans arrêt sa lenteur sur le dos des fonctionnaires. C’est trop facile. »

Parkings réservés

Anil Bachoo a aussi reconnu un problème de parking devant les hôpitaux. « Un terrain a été trouvé pour le stationnement et les travaux commenceront bientôt » a-t-il promis sur sa page Facebook.

Scoop.mu a cependant constaté que dans plusieurs hôpitaux publics, dont le Victoria Hospital, l’accès au parking a été réduit considérablement. Les explications d’un membre de la sécurité : « Ces parkings sont réservés aux médecins et travailleurs de l’hôpital. »

Manque de personnel ou « système archaïque » ?

Quant aux longues files d’attente dans les hôpitaux, elles s’expliquent selon Anil Bachoo par le fait que beaucoup de patients n’avaient pas pu se rendre à leur rendez-vous durant la période festive en raison des jours fériés et qu’il y a eu un afflux de patients cette semaine.

Ce que le ministre ne dit pas c’est que les rendez-vous ont été donnés à la même heure, notamment à 9 h, ce qui a contribué aux longues files d’attentes et aux grincements de dents. De plus, selon un médecin, les patients sous chimiothérapie doivent venir tôt, leurs traitements prenant plusieurs heures. « Imaginons cinquante patients qui débarquent pour la chimio à la même heure ! »

Anil Bachoo a cependant reconnu un manque cruel de personnel dans nos hôpitaux et a annoncé le recrutement de nouveaux médecins et infirmiers.

« Pour réduire les files d’attente » objecte un médecin « on n’a pas besoin de nouveaux médecins, ni de nouveau personnel administratif. Il faut tout simplement informatiser le système et acquérir des équipements. »

Même Navin Ramgoolam concédait le 1er janvier que beaucoup de temps et d’énergie sont perdus dans la recherche de dossiers. Tout en promettant l’informatisation pour très bientôt. Petit rappel, cette promesse existe depuis de nombreuses années.

Les patients attendent eux-aussi cette modernisation surtout concernant la qualité des soins offerts. « La plupart des médecins donnent un diagnostic à l’aveugle et quelques Panadols surtout quand les patients affluent » se lamente un malade.

Il y a du pain sur la planche pour Anil Bachoo. Maintiendra-t-il son rythme de visites surprise ? Le Hotline 146 ne se taira pas de sitôt.