Faraz Rojid s’inquiète des récentes hausses des frais pour le secteur offshore.

Par Narain Jasodanand

Le 25 juin, Scoop.mu se demandait pourquoi la Financial Services Commission (FSC) tardait à émettre sa circulaire annuelle invitant les Management Companies (MC) de notre secteur du Global Business (offshore) à effectuer les paiements pour le renouvellement des licences (des clients et des MC elles-mêmes). Normalement, la circulaire devait être émise début juin. On se demandait si le retard n’était pas dû à une démarche visant à augmenter ces frais.

Le lendemain, 26 juin, la FSC a émis son communiqué. Comme on l’appréhendait, elle a annoncé une hausse générale des tarifs : doublement des frais applicables aux Tax Residence Certificates, en plus des nouvelles hausses des frais de licences, alors que les MC se remettent difficilement de la multiplication par deux des frais d’incorporation et d’enregistrement de 2025-2026. Un véritable coup de massue deux années de suite !

Le retard pris par la FSC semble donc être causé par la préparation des nouveaux barèmes qui ont dû, à leur tour, dépendre des décisions et reculades du gouvernement sur la pension. Pour un opérateur, « c’est l’ampleur des trous budgétaires à boucher qui a déterminé celle des hausses pour le Global Business. Tout en faisant croire que le gouvernement frappe les riches alors que ce sont les clients étrangers qui sont touchés ».

20 000 emplois

Dans un communiqué émis hier, 3 juillet, Faraz Rojid, Chief Executive Officer de Mauritius Finance, rappelle que le secteur offshore emploie 20 000 personnes, contribue pour 13 % à notre Produit intérieur brut, rapporte 60 % des recettes des impôts sur les sociétés (Rs 15 milliards) et des devises étrangères à notre économie.

Avec cette hausse, Mauritius Finance craint que beaucoup de clients se détournent de notre juridiction pour aller à Singapour, Dubaï etc. Ce qui inquiète encore plus Faraz Rojid, c’est que la hausse de 300 % des frais applicables aux Authorised Companies ‒ des firmes étrangères qui passent occasionnellement par Maurice pour effectuer des transactions internationales – ne nous fasse perdre les 6 300 clients actuels qui évaluent de près les frais avant de procéder à cette opération à Maurice. Ce qui ferait perdre Rs 129 millions par an, en devises étrangères.

Aussi, argue Faraz Rojid, si des sociétés étrangères décident de quitter Maurice, non seulement la FSC percevra moins de recettes à l’avenir et les MC moins de revenus, mais cela affectera aussi « des sociétés de gestion, des banques, des cabinets d’audit, des cabinets d’avocats et de nombreux autres prestataires de services » locaux qui obtiennent des affaires par le biais de ces MC. Il estime à Rs 1,4 milliard l’impact négatif sur notre économie.

Le pire, selon Faraz Rojid, est que le départ de clients, filiales de groupes internationaux, risque d’entraîner celui de leurs maisons mères vers d’autres juridictions.

Il faut savoir aussi qu’en plus des rentrées fiscales et devises pour le pays, les frais rapportent, avant l’augmentation annoncée le 26 juin 2026, environ Rs 1,5 milliard annuellement à la FSC, dont une bonne partie est transférée au Consolidated Fund.

Financial service qui laisse à « Désiré »

Avec ces hausses, certains opérateurs se demandent si le service fourni par la FSC sera amélioré. Car dernièrement, ils ont connu un ralentissement dans la délivrance de licences et autres autorisations. Le département concerné, avec pourtant 40 employés, peine à suivre le rythme des demandes croissantes. Ce qui fait parfois perdre patience aux clients étrangers et perdre du business aux MC. À cela s’ajoute le fait que la personne responsable ne semble pas être à la hauteur de ses fonctions et aurait bénéficié de promotions au détriment de personnes jugées plus méritantes.

« Jusqu’où peut-on continuer à augmenter le coût de faire des affaires sans affecter la compétitivité de Maurice ? » se demande Faraz Rojid. Jusqu’à ce que le secteur pressé comme un citron ne rapporte plus grand-chose ?