Tout comme l’autre magnat, Mamy Ravatomanga, Sattar Hajee Abdoula tombe souvent malade à l’approche d’une cellule policière. Et tout comme Ravatomanga, il n’aime pas nos hôpitaux
Le 19 novembre, Sattar Hajee Abdoula est interrogé par la Financial Crimes Commission (FCC) concernant une affaire de blanchiment d’argent de Rs 3,6 m. A la fin de l’interrogatoire, vers 19 h, la FCC lui annonce qu’il est en état d’arrestation et qu’il sera conduit directement en cellule policière vu l’heure tardive pour passer devant un magistrat. Une ambulance d’une clinique privée qui l’attendait repartira sans son ‘patient.’
Or, à l’annonce de ce changement de programme, Hajee Abdoula se sent soudain malade. Il informe les agents de la FCC qu’il est cardiaque et a déjà subi deux interventions chirurgicales … en Angleterre. La FCC n’a donc pas d’autres alternatives que de l’emmener à l’hôpital pour se faire examiner. Comme pour tout autre prévenu.
Je ne veux pas aller en cellule !
Après un examen à l’hôpital Jeetoo, rien de grave n’est décelé et les agents de la FCC se préparent à le conduire vers une cellule policière. Et Sattar Hajee Abdoula de sortir un autre argument. Il souffre aussi d’apnée du sommeil et a besoin d’un appareil spécial pendant la nuit.
Bien sûr, il n’y a pas de prise de courant dans une cellule policière pour brancher l’appareil, et cela pour des raisons évidentes de sécurité, entre autres. Que faire ?
L’hôpital n’a pas cet appareil mais les médecins acceptent exceptionnellement de garder Hajee Abdoula et de brancher l’appareil que ce dernier a fait porter à l’hôpital. Ouf ! Hajee Abdoula a échappé au cachot ! Et tant pis s’il faut passer une nuit parmi les malades ordinaires. Ça vaut mieux qu’une cellule.
Le lendemain 20 novembre, le grand malade quitte l’hôpital pour se rendre au tribunal où la FCC objecte à sa remise en liberté. Pas de chance : il doit être (re)conduit en cellule policière. Cependant, son avocat abat une autre carte. « My client does not feel well. He needs urgent medical attention » déclare-t-il à la magistrate, tout en demandant que son client soit admis à la clinique Wellkin ou Royal Green car il a besoin de son appareil pour dormir.
La magistrate, qui n’est pas tenue de se prononcer sur la destination du prévenu, ordonne que ce dernier soit mis en cellule tout en exigeant que les soins médicaux nécessaires lui soient prodigués s’il le faut.
Je ne veux pas aller à l’hosto, non plus !
Retour à la FCC pour les formalités d’usage où l’on informe Hajee Abdoula qu’il sera emmené à l’hôpital comme la veille et où il pourra dormir tranquille avec son appareil anti-apnée. Surprise ! Hajee Abdoula annonce que son appareil n’est plus disponible. Qu’est-ce qui s’est passé ? L’appareil a été volé, est introuvable ou ne marche plus ? On ne le sait. Que faire ? Seule la clinique Wellkin en possède.
Le prévenu VIP est donc conduit à cette clinique. On ne sait pas s’il utilise l’appareil. Ce qui est sûr, c’est qu’il est traité comme un prince et déguste de bons plats raffinés avec du bœuf, de l’amande et des fruits rares comme la myrtille.
Sattar Hajee Abdoula se la coulera douce jusqu’au 27 novembre lorsque sa demande de remise en liberté sera entendue. En attendant, l’affaire se complique pour lui car Mariam Rajabally a, preuves à l’appui, enfoncé encore plus son ancien patron qui voulait lui faire endosser la responsabilité de cette affaire. Qu’importe ! Même s’il est condamné, il en sera quitte avec une amande. Pardon, une amende.
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