𝑷𝒂𝒓 𝑵𝒂𝒓𝒂𝒊𝒏 𝑱𝒂𝒔𝒐𝒅𝒂𝒏𝒂𝒏𝒅
𝑺𝒊 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒏’𝒂𝒗𝒆𝒛 𝒑𝒂𝒔 𝒆́𝒄𝒐𝒖𝒕𝒆́ 𝒋𝒖𝒔𝒒𝒖’𝒂̀ 𝒍𝒂 𝒇𝒊𝒏 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒏𝒇𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒑𝒓𝒆𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝑹𝒆𝒛𝒊𝒔𝒕𝒂𝒏𝒔 𝒆𝒌 𝑨𝒍𝒕𝒆𝒓𝒏𝒂𝒕𝒊𝒗 (𝑹𝒆𝑨) 𝒅𝒖 𝒔𝒂𝒎𝒆𝒅𝒊 28 𝒎𝒂𝒓𝒔, 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒂𝒗𝒆𝒛 𝒓𝒂𝒕𝒆́ 𝒍𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒊𝒎𝒑𝒐𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕. 𝑲𝒖𝒈𝒂𝒏 𝑷𝒂𝒓𝒂𝒑𝒆𝒏 𝒍𝒖𝒊 𝒂𝒖𝒔𝒔𝒊 𝒏𝒐𝒖𝒔 𝒂 𝒔𝒖𝒓𝒑𝒓𝒊𝒔, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒅’𝒖𝒏𝒆 𝒂𝒖𝒕𝒓𝒆 𝒎𝒂𝒏𝒊𝒆̀𝒓𝒆.
Au début de son intervention, le ministre de la Sécurité sociale a timidement évoqué l’influence disproportionnée des grandes puissances et lobbies économiques sur l’amendement à apporter aux lois du travail concernant la protection des travailleurs lors des pluies torrentielles. Puis, il a carrément parlé du « gros capital » qui a pu maintenir sa présence au sein du comité destiné à faire un suivi de la mise à exécution des promesses incluses dans le programme gouvernemental. Autrement dit, si le gouvernement n’honore pas ses promesses, c’est que le « gros capital » y est pour quelque chose.
𝐂𝐨𝐦𝐩𝐚𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧
Malgré ces explications d’Ashok Subron, Kugan Parapen, lui, a défendu bec et ongle les mesures gouvernementales, « 𝑎𝑢 𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑑𝑢 𝑠𝑎𝑐𝑟𝑖𝑓𝑖𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑟𝑖𝑡𝑒́ 𝑑𝑢 𝑝𝑟𝑒́𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 », tout en se gardant de citer la réforme douloureuse des retraites.
Il n’a eu de cesse de rappeler que notre économie était en très mauvais état sous le gouvernement MSM, invoquant bien sûr la guerre au Moyen-Orient pour justifier les décisions difficiles prises (et à venir ?). Tout en se basant sur le très contesté rapport 𝑆𝑡𝑎𝑡𝑒 𝑜𝑓 𝑡ℎ𝑒 𝐸𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑦.
Le 𝐽𝑢𝑛𝑖𝑜𝑟 𝑀𝑖𝑛𝑖𝑠𝑡𝑒𝑟 nous a rappelé l’arrogance du ministre Michaël Sik Yuen quand il a affirmé que le redressement de l’économie ne se ferait pas « 𝑧𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑝𝑒𝑧 𝑒𝑛𝑛 𝑡𝑎𝑘𝑒 ». Bien entendu, comme tout politicien qui se respecte, il a aussi jeté un peu de blâme sur la communication du gouvernement : « 𝑂𝑛 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑜𝑛 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑎𝑙. »
Kugan Parapen, l’économiste, a étonné en disant tout le bien qu’il pensait de ce qu’il qualifie d’« 𝑒𝑓𝑓𝑜𝑟𝑡 𝑓𝑖𝑠𝑐𝑎𝑙 » des différents gouvernements, des 𝑆𝑡𝑖𝑚𝑢𝑙𝑢𝑠 𝑃𝑎𝑐𝑘𝑎𝑔𝑒𝑠 de 2008 et des financements du secteur privé par la Mauritius Investment Corporation après le Covid.
Autre surprise : il a reproché à Paul Bérenger d’avoir crié « au feu » au lieu de rester pour éteindre l’incendie de la maison.
𝐂𝐨𝐫𝐫𝐮𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 ? 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐚𝐩𝐢𝐭𝐞𝐫
Contrairement à Subron, Kugan Parapen a montré plus d’audace en relativisant le problème de la corruption qui, selon lui, « 𝑎 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒́ 𝑠𝑜𝑢𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 ». Reprenant la fameuse phrase de Pravind Jugnauth ‒ « 𝑐𝑒𝑙𝑎 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑟 » ‒, il a estimé que la situation était meilleure que sous le Mouvement socialiste militant (MSM) et qu’il fallait se réjouir que de nombreux pays fassent pire que nous dans l’indice mondial de perception de la corruption.
Encore une fois, comme une leçon apprise, il a martelé que même un gouvernement 60-0 ne pourrait éliminer la corruption du jour au lendemain. « 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑏𝑜𝑛𝑛𝑒 𝑑𝑖𝑟𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛. » Laquelle ? Il ne l’a pas dit.
Et ‒ toujours les grands mots ‒ : « 𝐼𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑡 𝑑𝑒́𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑒𝑟, 𝑐𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑛𝑠 𝑓𝑖𝑔𝑢𝑟𝑒́, 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒́𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑟𝑟𝑢𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛. »
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐒𝐮𝐛𝐫𝐨𝐧 𝐬’𝐞́𝐧𝐞𝐫𝐯𝐞
C’est en répondant aux questions des journalistes qu’Ashok Subron s’est lâché. « 𝐶𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑑𝑒́𝑡𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑒́𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑐𝑒𝑢𝑥, 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑎𝑠𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠, 𝑞𝑢𝑖 𝑔𝑟𝑎𝑣𝑖𝑡𝑒𝑛𝑡 𝑎𝑢𝑡𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑙’𝐸́𝑡𝑎𝑡, 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑙𝑎̀ ! 𝐼𝑙𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑖𝑛𝑢𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑒𝑚𝑝𝑒̂𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑙𝑒 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑒𝑥𝑎𝑢𝑐𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑣œ𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛. » Cela ne mérite pas une démission, M. Subron ?
« 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑛’𝑎𝑣𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑏𝑒𝑠𝑜𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑢𝑡𝑜𝑟𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝐵𝑢𝑠𝑖𝑛𝑒𝑠𝑠 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑖𝑡𝑖𝑢𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑖𝑛𝑡𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑟𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑚𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑑𝑒 𝑞𝑢𝑎𝑟𝑎𝑛𝑡𝑒 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠. 𝑆𝑖 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑐̧𝑎, 𝑞𝑢𝑒 𝐵𝑢𝑠𝑖𝑛𝑒𝑠𝑠 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑖𝑡𝑖𝑢𝑠 𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑒́𝑙𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠, 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑐’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑒 𝑐𝑎𝑠 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 1948, 𝑜𝑢̀ 𝑠𝑒𝑢𝑙𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑒́𝑑𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡 𝑑’𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑎𝑛𝑑𝑖𝑑𝑎𝑡𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑣𝑜𝑡𝑒𝑟 ! » s’emporte-t-il un peu plus tard avec colère.
Autre révélation : « 𝐿𝑒𝑠 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑖𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑓𝑒𝑟𝑚𝑒́𝑠, ℎ𝑒𝑟𝑚𝑒́𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠, 𝑖𝑛𝑎𝑐𝑐𝑒𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒𝑠 𝑎̀ 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑣𝑒𝑢𝑙𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑔𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑏𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑖𝑑𝑒́𝑒𝑠. »
Ashok Subron est aussi revenu sur les accusations de corruption venant de Paul Bérenger. Il a expliqué que si lui, Subron, avait des preuves, il porterait l’affaire devant… le Conseil des ministres.
Il faudra attendre le prochain budget pour savoir si Navin Ramgoolam les aura écoutés. Que feront-ils si le PM ne réoriente pas les décisions vers plus de social et d’écologie ? leur a demandé un journaliste. Réponse troublante de Subron : « 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑛𝑒 𝑙𝑎𝑛𝑐̧𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑑’𝑢𝑙𝑡𝑖𝑚𝑎𝑡𝑢𝑚… 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑢 𝑔𝑟𝑎𝑖𝑛. 𝑅𝑒𝐴 𝑎𝑔𝑖𝑟𝑎… » Comment ? « 𝑃𝑒𝑢𝑡-𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑟𝑜𝑛𝑠 𝑢𝑛 𝑙𝑖𝑣𝑟𝑒 𝑎̀ 𝑐𝑒 𝑠𝑢𝑗𝑒𝑡. » Fini de rire !