Ravatomanga ne voulait ni aller en cellule policière, ni dans un centre de détention ni même à l’hôpital, sauf au Cardiac Centre. Il a quand même atterri hier au Moka Detention Centre. Où il restera jusqu’à lundi quand le tribunal décidera s’il ira à Melrose ou pas. Chronologie
Après que le richissime malgache Maminiaina ‘Mamy ‘ Ravatomanga est tombé du ciel le 12 octobre, il n’a pas perdu de temps. Deux jours plus tard, il rencontrait en secret Junaid Fakim, le commissaire déchu de la Financial Crimes Commission (FCC), à Quatre Bornes.
Le 15, la FCC obtient un ordre de gel de ses avoirs bancaires. Le 16, Mamy se réfugie à la Clinique Premium de Phoenix, où il fait l’objet de surveillance policière à partir du 18. Le 24 octobre, il est ‘arrêté’ par la FCC mais demeure à la clinique Premium car, dit-il, il est souffrant.
Le 5 novembre, il accepte enfin de se rendre à la FC pour son premier interrogatoire et le 6 pour le deuxième. Les séances se déroulent à ses conditions : interrogatoires courts, pauses etc. Et le 6 après-midi, au lieu d’être conduit en cellule policière, il est admis à l’hôpital Jeetoo après des douleurs. D’où il est retiré après que les médecins ont conclu qu’il n’est plus malade. Il avait refusé de subir un stress test. Direction Vacoas Detention Centre. En principe…
Stents, angioplastie ou pontages ?
Cependant, à son arrivée à Vacoas, il ne sent pas bien. Il est conduit à la Cardiac Unit de l’hôpital de Candos. Ses avocats lui auront sans doute assuré qu’il y trouvera presque le même confort qu’une clinique ? Il acceptera même d’y subir une angioplastie. L’occasion pour un de ses avocats de s’en prendre à la presse qui « faisait croire que Mamy n’était pas réellement malade. »
A noter que l’angioplastie est une « intervention médicale mini-invasive qui consiste à élargir une artère rétrécie ou obstruée […] afin de rétablir le flux sanguin. Elle est suivie parfois, mais pas nécessairement, de la pose d’un stent. »
Le 14 novembre, Mamy est retransféré à sa clinique de prédilection, la Premium Care à Phoenix, où il est en « convalescence. » Ce n’est qu’après deux semaines de repos, soit le 27 novembre, que la cour pourra examiner son cas.
Or, le 27 novembre, Ravatomanga n’est pas présent au tribunal. Un certificat médical est produit qui indique que Mamy a besoin de deux semaines supplémentaires de repos, ce qui l’empêche d’ailleurs de paraitre devant le magistrat Prashant Bissoon !
L’avocat de la FCC Me Trishul Naga informe la cour que les 21 jours de détention en cellule policière ont expiré et que Ravatomanga doit maintenant être détenu en prison. A noter qu’en fait, Mamy n’a jusque-là pas été détenu en cellule policière même pendant un seul jour.
Son médecin Mamode Aniffkhan Yearoo réplique que son patient n’est toujours pas bien et qu’il peut à tout moment subir une crise cardiaque et qu’il doit être maintenu sous observation. Dans une clinique, bien sûr. Son avocat Me Siddhartha Hawoldar déclarera à la presse que son client vient de subir deux pontages.
Angioplastie, pose de stents ou pontages ? On ne comprend plus rien !
Quoiqu’il en soit, il est décidé, à la demande de la FCC, que Ravatomanga sera examiné le lendemain 28 par le Dr Ahmud Soreefan de l’hôpital Victoria.
Centre de détention pour Mamy
Le 28 novembre, le magistrat ordonne le maintien en détention de Mamy en attendant sa décision le 1er décembre prochain pour savoir si Mamy ira à Melrose ou restera en clinique. Il faut savoir que c’est à la police d’en décider. La patate chaude est renvoyée vers la haute hiérarchie aux Casernes et c’est le Commissaire de Police lui-même, Rampersad Sooroojbally, qui décide finalement d’envoyer Mamy au Moka Detention Centre jusqu’à lundi.
A l’heure où nous publions cet article (samedi matin), Mamy était toujours au centre de détention de Moka. Y demeurera-t-il jusqu’à lundi ?
Si Mamy Ravatomanga est transféré à la prison de Moka ce lundi, il pourra difficilement refuser de se rendre au troisième interrogatoire de la FCC. Alors que s’il est admis en clinique, ses avocats et médecins pourront encore une fois mettre en avant sa mauvaise santé pour qu’il n’aille pas à la FCC.
D’autre part, si Mamy accepte de se rendre à la FCC même s’il est admis en clinique, l’enquête pourra être bouclée au plus vite et il pourra éventuellement être libéré provisoirement.
Pas d’interrogatoire non plus svp !
Mais le problème c’est qu’il semble que le magnat malgache ne veuille pas non plus affronter les enquêteurs de la FCC pour le troisième interrogatoire qui concernerait l’allégation la plus grave proférée contre lui et la plus difficile à défendre : celle concernant sa rencontre avec Junaid Fakim le 14 (et le 15 ?) octobre à Quatre-Bornes.
En tout cas, la décision que prendra le magistrat Prashant Bissoon ce lundi sera déterminante et constituera une sorte de précédent : prison ou clinique ? Pour rappel, l’ASP de prison Alex Casimir a assuré le 27 novembre que la prison de Melrose a tous les équipements et personnel nécessaires pour accueillir le grand malade Ravatomanga.
La décision du magistrat intéressera principalement les autres personnes impliquées dans des détournements, actes de corruptions ou autres joyeusetés comme le blanchiment de millions ou de milliards aux dépens de la population mauricienne ou malgache.
Une question tombe à point nommé ce mardi. Le Dr Farhad Aumeer demandera au Premier ministre, entre autres, le nombre de personnes que la FCC accuse et qui ont échappé à la prison pour se réfugier dans le confort d’une clinique. Pour y déguster des myrtilles ? Il parait que c’est bon pour le cœur.
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