𝐀𝐜𝐭𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐁𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐠𝐞𝐫 : 𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞́ 𝐚𝐮 𝐜œ𝐮𝐫
Qu’est-ce qui s’est passé exactement hier lors du comité central du Mouvement militant mauricien (MMM) pour que Paul Bérenger accepte de reporter sa décision de quitter le gouvernement ?
Selon nos informations, c’est avant tout le sort des ministres et de certains nominés qui a finalement ému Paul Bérenger. Le débat qui a été lancé en public par Rajesh Bhagwan lors de sa déclaration à la presse le 18 mars a été repris intensément lors du comité central (CC).
Pour rappel, lorsque le journaliste de 𝑙’𝑒𝑥𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠 avait demandé au ministre de l’Environnement ce qu’il avait à dire à ceux qui l’accuseraient d’avoir trahi Paul Bérenger, Bhagwan a répondu : « 𝑄𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑖𝑙 𝑙𝑒 𝑓𝑎𝑙𝑙𝑎𝑖𝑡, 𝑗’𝑎𝑖 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑖 𝑃𝑎𝑢𝑙 𝑠𝑢𝑟 𝑝𝑙𝑢𝑠𝑖𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑠𝑢𝑗𝑒𝑡𝑠, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑑’𝑎𝑐𝑐𝑜𝑟𝑑 𝑑𝑒 𝑞𝑢𝑖𝑡𝑡𝑒𝑟 𝑙𝑒 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑎̀ 𝑐𝑒 𝑠𝑡𝑎𝑑𝑒. 𝐶𝑎𝑟 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑣𝑒𝑢𝑥 𝑝𝑎𝑠 𝑡𝑟𝑎ℎ𝑖𝑟 𝑙’𝑒𝑠𝑝𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠… » Tout en rappelant les souffrances de ces mêmes militants dans l’opposition : perte d’emploi, de revenu et même de vie. « 𝐶𝑒 𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑠 𝑑𝑖𝑠𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑓𝑒𝑟𝑜𝑛𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑟𝑛𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑖𝑠𝑖𝑛𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠 », ajoutera-t-il.
𝟐𝟎 𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞
C’est ce débat qui a fait rage au comité central hier : la défense des seuls militants contre l’intérêt de la population et du pays en général. Il y a même eu de vifs échanges, ceux défendant les principes contre ceux défendant des intérêts. Les premiers ont souligné qu’au MMM, « 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑠𝑢𝑝𝑝𝑜𝑠𝑒́𝑠 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒𝑟 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟 𝑙𝑒 𝑠𝑦𝑠𝑡𝑒̀𝑚𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛𝑠, 𝑒𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑠𝑒𝑢𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑜𝑢 𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡𝑠, 𝑒𝑛 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑖𝑡𝑒𝑛𝑡. 𝐸𝑠𝑡-𝑐𝑒 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑎𝑔𝑛𝑖𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙𝑙𝑖𝑠𝑡𝑒𝑠 ? » Un autre militant nous dira plus tard : « 𝐷𝑒𝑣𝑟𝑜𝑛𝑠-𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑒𝑟𝑚𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑦𝑒𝑢𝑥 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑐𝑎𝑛𝑑𝑎𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑞𝑢𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑎𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑢𝑛 𝑔𝑎𝑔𝑛𝑒-𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑎𝑢𝑥 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠 ? » Question cruciale s’il en est ! En réponse, les seconds ont évoqué, à l’instar de Rajesh Bhagwan dans sa déclaration du 18 mars, la souffrance des militants.
Les premiers, pour la plupart des jeunes, ont rappelé que le Mouvement socialiste militant (MSM) a passé dix années à donner du travail et des contrats à ses partisans pour quand même se faire battre par un retentissant 60-0 en novembre 2024. Les seconds, surtout les ministres, ont fait miroiter indirectement la perspective d’un emploi ou d’un contrat aux autres membres du CC en répétant que « 𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑡𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑜𝑖𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑟𝑒́𝑐𝑜𝑚𝑝𝑒𝑛𝑠𝑒́𝑠 𝑎̀ 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑢𝑟, 𝑎𝑝𝑟𝑒̀𝑠 20 𝑎𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑓𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒 ». Cette tactique aura eu l’effet escompté et a fait basculer le vote.
Mais les ministres mauves pensaient-ils vraiment aux militants qui souffrent ou à eux-mêmes ? Cette question a fait bondir Rajesh Bhagwan, hier, qui, au lieu de répondre, a lancé : « 𝑝𝑎 𝑖𝑛𝑠𝑖𝑙𝑡𝑒 𝑚𝑤𝑎. » L’idée de sauver son poste de ministre ne l’a-t-elle même pas effleuré ?
Cependant, comme nous l’a dit hier un vieux briscard du MMM dont la proximité avec les Bérenger est bien connue : « 𝑁𝑜𝑠 𝑒́𝑙𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 ℎ𝑢𝑚𝑎𝑖𝑛𝑠. 𝐼𝑙𝑠 𝑜𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑏𝑒𝑠𝑜𝑖𝑛𝑠, 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑒̂𝑡𝑠 𝑎̀ 𝑟𝑒𝑚𝑏𝑜𝑢𝑟𝑠𝑒𝑟 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑒́𝑡𝑢𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑎̀ 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑟. 𝐼𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒́𝑠𝑖𝑟 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒𝑓𝑒𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠𝑡𝑒́𝑟𝑖𝑒𝑙. 𝐵𝑖𝑒𝑛 𝑠𝑢̂𝑟, 𝑖𝑙𝑠 𝑛𝑒 𝑑𝑜𝑖𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑟𝑒𝑐ℎ𝑒𝑟𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑠𝑎𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠𝑡𝑟𝑒… »
𝐁𝐚𝐫𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐚𝐮 𝐌𝐒𝐌
Mais c’est aussi la nécessité de barrer la route au retour du MSM au pouvoir qui a décidé tous les membres du CC à opter pour le maintien du MMM au gouvernement. Cette appréhension a convaincu Paul Bérenger également, qui l’a avoué hier en conférence de presse.
Cependant, nous dit un membre du CC, s‘il y a remontée du MSM, c’est aux dépens du Parti travailliste, pas du MMM. Tout en reconnaissant que la perspective de voir le MSM revenir au pouvoir suffit à maintenir l’alliance avec le PTr, « 𝑢𝑛 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑚𝑎𝑙 ». Qu’est-ce qui s’est passé exactement hier lors du comité central du Mouvement militant mauricien (MMM) pour que Paul Bérenger accepte de reporter sa décision de quitter le gouvernement ?