
Par Doris Félix
Le 7 septembre, sur Radio Plus, nous avons enfin entendu ce que nous attendions depuis des années.
Niven Muneesamy, directeur de la Mauritius Tourism Authority (MTA), a pris ouvertement position : les opérateurs qui harcèlent les baleines et les cachalots seront sanctionnés. Contraventions et, surtout, suspension de licence.
C’est une demi-victoire historique. Maurice faisait tache à côté de La Réunion et d’autres pays respectueux des droits des animaux. Il était temps.
Mais attention, une annonce ne suffit pas. Il faut que la décision soit irréversible. Pour cela, il serait propice de mettre en vigueur des mesures concrètes et publiques.
Publiez les chiffres chaque semaine
Que les informations suivantes soient publiées sur la page Facebook de la MTA et du ministère du Tourisme : nombre de contraventions dressées, noms des compagnies sanctionnées, nombre de licences suspendues. Sans transparence, les lobbies feront annuler les sanctions en coulisses. Le peuple mauricien a le droit de savoir.
À La Réunion, depuis l’arrêté préfectoral de 2021 et le Code de l’Environnement français (Article L415-3), toute perturbation intentionnelle d’une espèce protégée est passible de poursuite qui peut mener à trois ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende. Des gendarmes embarqués à bord des bateaux touristiques dressent des PV sur-le-champ. Pourquoi pas chez nous ?
En Australie, pour les baleines franches australes avec petit, c’est 500 mètres obligatoires et zéro tolérance. Un seul bateau à la fois dans la zone d’observation, 30 minutes maximum. Chez nous, on a vu des dizaines de bateaux en même temps sur un même groupe de cachalots à Tamarin, Rivière-Noire, etc. C’est du harcèlement.
L’idée de l’unité conjointe Coast Guard + MTA + Pêches annoncée est bonne. Mais il faut qu’elle soit en mer du lundi au dimanche, de 6 heures à 16 heures, en haute saison. Pas seulement sur papier.
Que le junior minister Fabrice David, qui suit le dossier de Jackie l’éléphant de mer de près, soutienne Niven Muneesamy face aux lobbies. Ces opérateurs gagnent des centaines de milliers de roupies en vendant une activité immorale et illégale au monde entier sur Instagram, Facebook et autres réseaux sociaux.
Le combat n’est pas fini. Cette demi-victoire doit devenir une victoire totale.