Par Jasvin Sok Appadu
Un ancien député du MSM partage une déclaration du leader des Nouveaux Démocrates, opposé à la « Vision 2050 » du gouvernement. Et voilà qu’un backbencher rouge vient, à son tour, « like » le post. Une scène pour le moins cocasse sur les réseaux sociaux.
Vikash Nuckcheddy, ancien député du MSM, désormais très actif sur Facebook, partage régulièrement des déclarations critiques envers le gouvernement. Faute de bilan politique à mettre en avant, certains diront qu’il faut bien trouver matière à publication…
Dernier partage en date : la déclaration de Kushal Lobine affirmant qu’il n’est pas d’accord avec la « Vision 2050 » présentée par le gouvernement. Rien de très surprenant, surtout après les récentes prises de position du leader des Nouveaux Démocrates.
Mais le petit détail qui fait sourire se trouve dans les réactions : Eshan Juman, député du Ptr et membre de la majorité, a « liké » la publication de l’ancien député MSM. Simple clic machinal ? Erreur de manipulation ? Ou discret signe de désaccord avec la Vision 2050 ? Sur Facebook, un « like » ne vaut certes pas déclaration politique. Mais parfois, un petit clic en dit long…
Et la communication pour Vision 2050… Qui a choisi et comment ?
En parlant de la « Vision 2050 », la ministre des Services financiers a rencontré, la semaine dernière, les parlementaires pour présenter l’état d’avancement du dossier, après avoir sillonné l’île à la rencontre des citoyens.
Un exercice pourtant très peu médiatisé. Curieux, pour une initiative qui se veut justement tournée vers la population… Mais voilà qu’un autre détail interpelle : une firme privée a été engagée pour assurer la communication autour de la « Vision 2050 ». Et, selon nos informations, il s’agirait de la même agence qui assure la communication de la ministre.
D’où les questions qui fâchent : qui a choisi cette firme ? Selon quelle procédure ? Et sur quels critères ? Au ministère, les explications se font toujours attendre.
Pour une « Vision 2050 », il faudra peut-être attendre moins longtemps pour avoir… une vision claire de la communication…
Pendant ce temps, bataille de paternité entre Ramgoolam et Jugnauth sur les 147 000 km² d’espace maritime…
Quelques jours après la validation par les Nations unies de l’extension de l’espace maritime de Maurice de 147 000 km² autour de Rodrigues, une autre bataille vient de commencer : celle de la paternité politique !
Pravind Jugnauth s’est empressé de saluer cet « exploit » sur Facebook, laissant entendre que cette avancée serait notamment le fruit de son initiative. Navin Ramgoolam n’a pas tardé à lui répondre avec un cinglant : « P deklar piti pa pu li ».
Car, selon les Nations unies, la procédure remonte à 2009, à l’époque où Navin Ramgoolam était Premier ministre. Une décision qui intervient après 17 ans de procédure et non pas comme le veut faire croire le Leader du MSM.
Ainsi, Maurice dispose désormais de quelque 2,3 millions de km² de zone économique exclusive, de 396 000 km² d’espace maritime cogéré avec les Seychelles, auxquels s’ajoutent ces 147 000 km² autour de Rodrigues.
Une superficie maritime impressionnante… D’où cette question : nous avons des millions de kilomètres carrés de mer et nous continuons à importer du poisson que nous n’en produisons ? Unique au monde ?
Contrat fioul lourd sans appel d’offres… encore et encore
Le nouveau contrat pour l’approvisionnement en fioul lourd entre le gouvernement et Sahara Energy est entré en vigueur le 1ᵉʳ août dernier.
À noter que le premier contrat signé sous le nouveau ministre, Michael Sik Yuen, avait certes été rendu public, mais était arrivé à échéance en mai 2026, avant de faire l’objet d’une extension de deux mois. Depuis le 1ᵉʳ août, nouveau contrat… et toujours le même fournisseur.
Mais surtout, toujours pas d’appel d’offres… Pour le premier contrat, le ministre avait justifié le recours à l’« emergency procurement » par la situation au Moyen-Orient. Une procédure exceptionnelle qui rappelle forcément celle utilisée à plusieurs reprises par l’ancien gouvernement MSM pendant la période de Covid-19, notamment pour certains achats en urgence.
Alors, mêmes raisons aujourd’hui ? Même urgence ? Même logique ? La question mérite d’être posée, surtout au vu de la rapidité avec laquelle ce nouveau contrat a été attribué.
