
Une lettre anonyme intitulée « Chronique d’une Mort Annoncée » accuse la direction du MIE d’avoir programmé « la mort de l’institution ».
Par Doris Félix
Une lettre anonyme intitulée « Chronique d’une Mort Annoncée » circule. Elle accuse la direction du Mauritius Institute of Education (MIE) d’avoir programmé « la mort de l’institution » à cause d’un échec total de gouvernance depuis la nomination de Mila Sewruttun Dosieah à la tête de l’institut.
Nomination politique et vision absente
Selon le texte, Mila Sewruttun Dosieah aurait été nommée directrice alors qu’elle serait « sous-qualifiée et inexpérimentée » pour un poste
« bien au-delà de ses compétences ». Le document lui reproche une « gestion politique », marquée par l’absence de vision et par son refus de rencontrer le personnel pour présenter ses orientations pour le MIE.
L’accusation principale porte sur la gouvernance. La directrice aurait mis en place un système pour devenir « l’unique instance décisionnelle », avec l’appui du secrétaire permanent du ministère de l’Éducation. Le comité de direction supérieur, qui réunit les maîtres d’école, le Registrar, le contrôleur financier et le coordinateur qualité, n’aurait tenu que deux réunions depuis son arrivée. Il aurait été vidé de son rôle au profit du conseil, du comité des finances et du comité RH. Le comité de développement du personnel, décrit comme une instance académique clé, aurait été démantelé.
Le président du conseil, un ancien recteur, est décrit comme un « président-marionnette », sans compréhension de la mission du MIE.
Dépenses et pressions financières
Le document dresse une liste de dépenses jugées abusives. En dix mois, Mila Sewruttun Dosieah aurait dépensé Rs 450 000 en frais de voyage « sans un seul résultat concret » pour la stratégie du MIE. Un budget de Rs 1,5 million pour 2026 aurait été refusé par le comité des finances.
Il nous est aussi rapporté qu’une trentaine d’ordinateurs portables ont récemment été achetés après que le comité a modifié ses propres recommandations lors d’un seul exercice d’appel d’offres. Si les prix indiqués ont été modifiés par le fournisseur retenu, en raison des problèmes causés par le taux de change et le fret à cause de la guerre, l’appel aurait dû avoir été relancé. L’achat d’une berline, fin juin, est également décrié car le Purchase Order aurait été émis avant l’aval du Finance Commitee.
Le point le plus sensible concerne un team building à Rs 720 000 dans un hôtel 5-étoiles, organisé alors que « les finances publiques sont dans un état désastreux ». Le personnel aurait appris après coup qu’il avait financé l’événement de la directrice et de ses proches.
Le contrôleur financier aurait subi des pressions. Une rumeur fait aussi état d’une implication présumée de la directrice dans un scandale de déstockage de manuels scolaires, qui serait « couvert par le ministère ».
Climat interne dégradé et promotions contestées
La direction est accusée de gérer le MIE « comme une propriété privée ». Mila Sewruttun Dosieah passerait peu de temps sur le campus, préférant rester au ministère. Elle n’assisterait qu’aux événements liés aux personnes qu’elle soutient, créant un « climat de peur et de mépris » qui démoraliserait le personnel académique.
L’exercice de promotion d’octobre à décembre 2025 est vivement critiqué. L’entretien comptait pour 80 % de la note finale contre 20 % pour le dossier, une « gymnastique » inédite. Le texte cite des promus proches de la directrice, avec peu d’expérience ou de publications, tandis que d’autres dossiers jugés plus solides auraient été écartés. Un homme, présenté comme un « ami de longue date », et un autre, décrit comme peu impliqué, auraient été promus. Un troisième, au « dossier le plus solide », lui, ne l’aurait pas été.
Le document liste plusieurs cadres nommés sans les qualifications requises, mais avec un « accès immédiat » à la directrice. Ce qui causerait préjudice aux employés concernés.
Appel au ministre
La lettre conclut que le ministère a placé à la tête du MIE une directrice « sous-qualifiée, inexpérimentée et non formée ». En dix mois, elle aurait « gaspillé des millions, programmé la mort de l’institution et détruit la crédibilité académique du MIE ». Il s’achève par une question directe au ministre de l’Éducation : peut-il « tolérer les actions de sa directrice nommée » dans le contexte économique actuel ?
Pour répondre à ces accusations formulées dans le document « Chronique d’une Mort Annoncée », nous avons cherché la version du ministère, qui nous a opposé un refus. Nous avons également adressé un e-mail (voir plus bas) à la directrice, mais n’avons pu obtenir la réaction de Mila Sewruttun Dosieah.
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Objet : Demande d’informations
Madame la Directrice,
Pourriez-vous nous faire avoir votre version sur ce qui suit svp ?
- Est-ce vrai que Rs 450 000 ont été dépensées par vous en 10 mois en frais de voyage ? Si oui, quels en furent les retombées pour le MIE ?
- Rs 720 000 ont-elles été dépensées pour un team building dans un hôtel 5-étoiles ? Si oui, la participation était-elle ouverte à tous ceux concernés ?
- Les procédures ont-elles été suivies pour l’acquisition d’ordinateurs et de véhicule ? L’aval du Finance Committee avait-il été obtenu au préalable ?
- Qu’avez-vous à dire à propos du déstockage de manuels ?