
Norbert Manoovaloo cachant ses menottes. Celui qui a négligé l’enquête Kistnen est maintenant rattrapé par une affaire d’extorsion.
Par Narain Jasodanand
Jean Marie Norbert Manoovaloo et Nundanee Devi Joygapaul Ragoo, de la Major Crime Investigation Team (MCIT), ont été arrêtés le 15 mai par la Financial Crimes Commission (FCC) pour une affaire d’extorsion. Si l’on ne connait pas la policière Joygapaul Ragoo, Norbert Manoovaloo, lui, est connu de… la presse.
En effet, c’était lui, alors simple constable, qui était le plus actif dans l’enquête sur la mort de Soopramanien Kistnen. Il avait même été appelé pour témoigner dans l’enquête judiciaire présidée par la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath.
En fait, Manoovaloo, qui est devenu sergent par la suite, ne menait pas l’enquête pour retrouver les véritables commanditaires et exécutants de cet assassinat mais paraissait obsédé par un seul désir : dédouaner les politiciens concernés, dont Yogida Sawmynaden, l’ancien ministre du Commerce.
Le sergent suivait toutes les pistes sauf celles indiquées par le Directeur des poursuites publiques (DPP), la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath et le bon sens. L’assistant surintendant de police (ASP) Vikash Seebaruth, promu par la suite SP, qui était en charge de l’enquête, le laissait faire. Manoovaloo semblait tout heureux d’avoir obtenu la responsabilité de cette enquête et, surtout, de pouvoir la mener à sa manière et à son rythme. Il se permettra et il lui sera permis de prendre plusieurs semaines de vacances au beau milieu de l’affaire. C’est pour dire l’importance qu’il attachait à découvrir le ou les meurtriers.
Rien à f…
Norbert Manoovaloo disait à qui voulait l’entendre qu’il n’en avait rien à faire des directives du bureau du DPP et des recommandations de la magistrate. Il affirmait qu’il ne suivait que les ordres de son commissaire de police. Pendant quelque temps, il s’était concentré sur les créanciers de Kistnen parce que, pour lui, c’était un crime crapuleux. Quatre ans après, aucun de ces « suspects » n’a été arrêté. Aux journalistes, il répétait que si Kistnen avait été éliminé par des tueurs à gages, le corps n’aurait jamais été retrouvé. Il reprochait souvent aux médias de parler de crime politique.
Après le changement de gouvernement, il n’a visiblement pas été inquiété et aurait même pris des libertés avec la loi. Si le commerçant de Terre-Rouge, Zaheer Oozeerally, n’avait pas alerté la FCC pour extorsion le 7 mai, Manoovaloo aurait peut-être continué ses frasques.
Espérons que ce sera l’occasion pour les autorités concernées de revenir sur l’investigation de ce sergent dans l’affaire Kistnen. Ce qui est sûr, c’est qu’avec son arrestation, il est maintenant démontré que Manoovaloo n’était pas le policier indiqué pour travailler sur l’affaire Kistnen. Sauf si c’était justement pour cela que les autorités, sous le MSM, lui avaient confiée l’enquête…