

Fayzal Ally Beegun se demande pourquoi on mobilise autant de moyens pour retrouver la jeune bonne.
Par Narain Jasodanand
Une Bangladaise en fuite a provoqué un branle-bas de combat à l’ambassade du Bangladesh. Le haut-commissaire lui-même a lancé un appel à ses compatriotes se trouvant à Maurice pour retrouver M. B. qui « a quitté son lieu de travail sans laisser de trace. Où est-elle, comment va-t-elle ? Son absence est-elle le résultat d’un piège, d’une tentation ou a-t-elle des griefs ? ».
Il ajoute que la disparition de M.B. est devenue une affaire inquiétante et qu’il y a un risque que cet incident salisse l’image de la communauté bangladaise. « Si cette disparition est intentionnelle, elle peut provoquer un impact négatif sur l’emploi de Bangladais à Maurice. »
Il lui demande d’entrer en contact avec le haut-commissariat « pour sa propre sécurité ». Et le haut-commissaire supplie tous les Bangladais de lui fournir toute information concernant M. B.
Rs 100 000 de récompense
Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun confirme : la Bangladaise fugueuse est recherchée et une récompense de Rs 100 000 est offerte par on ne sait qui pour la retrouver. Dead or alive?
D’après les informations qui nous sont parvenues, M.B. s’est enfuie de la maison où elle travaillait comme bonne en passant par la poubelle. Les portes et clôtures étaient donc probablement cadenassées. La police aurait même interrogé un chauffeur de taxi qui est soupçonné de l’avoir attendue avant de la conduire vers un lieu inconnu.
Mais pourquoi toute cette agitation pour retrouver cette bonne ? Un travailleur étranger qui fugue, c’est pourtant très courant. Navin Ramgoolam avait déclaré, le 31 mars, au Parlement, que sur les 64 000 travailleurs étrangers dans le pays, 6 926 sont en situation irrégulière et 2 819 se sont évanouis dans la nature. Dont des Bangladais.
M. B. est-elle une dangereuse terroriste ? A-t-elle volé des secrets d’État ? Est-elle une espionne ? Non, rien de tout cela. Il semble plutôt que l’employeur et d’autres personnalités ne veuillent pas que la Bangladaise tombe non entre les mains de malfaiteurs ou de kidnappeurs mais entre celles du syndicaliste Fayzal Ally Beegun.
Pourquoi ? A-t-elle des histoires à raconter à Beegun ? A-t-on peur qu’elle relate les mauvais traitements qu’elle aurait subis chez son employeur ? Craint-on que l’identité de cet employeur qui maltraiterait sa bonne soit connue de tous ?
En tout cas, il semble bien que cet employeur soit quelqu’un de très puissant et dispose de bonnes relations pour que le haut-commissaire du Bangladesh ait lancé un appel à retrouver M.B.
Il nous revient également que les membres du Passport and Immigration Office ainsi que ceux de la police ont été sévèrement réprimandés pour ne pas avoir réussi à retrouver la Bangladaise et à la placer dans le premier avion disponible.
Pour Fayzal Ally Beegun, toutes ces alertes pour retrouver la bonne la mettent en danger. « Que ne ferait-on pas pour Rs 100 000 ? De plus, vu que tout le monde pense qu’elle est seule, elle risque de subir une agression physique, voire sexuelle. »
C’est pour toutes ces raisons que le syndicaliste lance un appel, à son tour, à M. B. pour qu’elle le contacte. Il promet de la protéger et de l’aider. La pauvre Bangladaise demeure introuvable à l’heure où nous publions cet article.