
Par Catherine François
Un système policier et carcéral gangréné par une forme de mafia. Tel est le tableau qu’a dépeint Ivann Bibi, lors de sa conférence de presse aux côtés de Bruneau Laurette et d’Ishtiyaq Caunhye, le 24 avril. L’activiste a dénoncé plusieurs affaires en lien avec la situation actuelle du pays, concernant notamment le fléau de la drogue et le désengagement de certaines institutions étatiques.
Il est revenu notamment sur l’arrestation, fin mars, d’un policier dans une affaire d’importation de drogue en passant par l’aéroport. Il a aussi rappelé que ce même policier, Akash Hurruck, était impliqué dans un cas de torture il y a quelques années de cela. Si tout cela s’avère, à quel point le système est-il gangrené ?
Il a également critiqué le retard dans la mise à jour du National Crime Agency Bill, attendu à la rentrée du Parlement en mars 2026 car selon lui c’est inadmissible que certains policiers suspendus perçoivent toujours leurs salaires, pendant des années. Il en est de même pour les pompiers et autres fonctionnaires suspendus.
Autre cheval de bataille d’Ivann Bibi : « les » interpellations de Muzaffar Lallmamode, dont l’arrestation sous l’Information and Communication Technologies Act, qui a été annulée en attendant une éventuelle reprise de la procédure par la police. Il espère que cette fois-ci il n’y aura aucune erreur au niveau des chefs d’inculpation.
Contrôles au festival JalsaLavini
Concernant le festival JalsaLavini, prévu pour le 9 mai au stade Anjalay Coopen, il a insisté sur l’importance que des policiers soient présents sur les lieux afin de contrôler les entrées, le nombre de personnes qui seront présentes mais aussi les ventes afin de prévenir tout risque de blanchiment d’argent. Pour rappel, l’organisateur du concert est Poum Luchoo, arrêté par la Financial Crimes Commission début mars, soupçonné d’appartenir à un réseau de réseau de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.
Par ailleurs, Ivann Bibi a évoqué des allégations de protection dont bénéficieraient certains trafiquants de drogue au sein même d’institutions publiques. Il a demandé des enquêtes approfondies pour faire toute la lumière sur ces accusations.
Il est revenu sur les soupçons entourant la Flying Squad et le rôle d’un assistant surintendant de police, notamment en lien avec une affaire de saisie d’héroïne estimée à plusieurs millions de roupies, dossier qu’il a déjà remis à la Financial Crimes Commission.
Enfin, il a dénoncé une détérioration du système carcéral, parlant d’une forme de « mafia-zation », où certaines mesures comme l’interdiction des cigarettes pourraient, selon lui, favoriser des pratiques de corruption.
Dans l’ensemble, cette conférence de presse a été marquée par une série d’interpellations et d’appels à plus de transparence, avec pour objectif de pousser les autorités à agir face à ces préoccupations.